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Mobilité et énergie : les solutions pour valoriser l’énergie fatale dans nos villes

Comment utiliser la chaleur dégagée par les data centers ou par une usine d’incinération ? Ou encore, comment réutiliser la chaleur produite dans les tunnels du métro ?

Toutes ces énergies existent mais sont souvent perdues car non-utilisées : on parle alors d’énergie fatale. Pourtant, d’après l’ADEME rien que « le gisement national de chaleur fatale industrielle s’élève à 109,5 TWh, soit 36 % de la consommation de combustibles dans l’industrie ».

Mais il existe d’autres gisements que ceux liés à l’industrie : parmi ces derniers, la quantité d’énergie perdue dans nos solutions de mobilité est conséquente et des projets existent pour valoriser ces énergies. Découvrons trois opportunités pour transformer les énergies fatales liées à la mobilité en énergie de récupération !

 

Réutiliser la chaleur des métros pour chauffer des logements 

Les tunnels du métro dégagent d’importantes quantités de chaleur, celle-ci est notamment générée par la circulation et le freinage des trains ainsi que par la présence humaine. Partis de ce constat, la RATP et Paris Habitat ont développé un projet dans le 4ème arrondissement de Paris pour récupérer la chaleur du métro : depuis octobre 2018, la ligne 11 contribue ainsi à chauffer un immeuble de 20 logements, situé à proximité du Centre Georges Pompidou.

La chaleur des tunnels du métro est collectée et redirigée vers une pompe à chaleur située dans les sous-sols de l’immeuble. L’énergie produite permet de répondre à 35% des besoins en chauffage de l’immeuble et d’assurer une température minimum de 19 degrés. Les 65% restants sont couverts par le réseau de chaleur urbain classique.

D’autres projets de ce type sont à l’étude sur le réseau de transport francilien, notamment au niveau de la station Mairie de Saint-Ouen sur la nouvelle section de la ligne 14. Le même dispositif sera mis en place pour couvrir 40% des besoins de chauffage d’un immeuble de 80 logements.

Ces projets sont rendus possibles grâce à la combinaison de plusieurs conditions : le bâtiment doit se trouver au-dessus ou proche d’une ligne de métro et les tunnels doivent présenter un faible taux d’humidité et de particules de poussière.

 

Un projet exporté outre-manche

A Londres, la ville a développé ce modèle pour lancer un important projet de récupération de chaleur sur la Northern Line, plus ancienne ligne de métro électrique au monde et dans laquelle la température avoisine les 40°C en été.

Une pompe à chaleur sera mise en place pour capter l’air chaud d’un puits de ventilation installé dans la station abandonnée, City Road. Cette chaleur, habituellement perdue, sera exploitée pour fournir du chauffage et de l’eau chaude bas carbone et moins chers à 1350 foyers de Islington, un quartier au nord de la capitale, d’ici fin 2019.

Mais le système va plus loin ! Il sera inversé en été pour permettre aux usagers de profiter d’un métro mieux ventilé et moins pollué.

Selon la Greater London Authority, le développement de ce projet à l’ensemble du réseau permettrait de répondre à environ 38% des besoins en chauffage de la ville de Londres.

 

Collecter la chaleur humaine pour chauffer un immeuble de bureaux et de commerces

Il y a 10 ans, Jernhusen AB, la société suédoise qui possède et exploite les gares et le parc immobilier de l’opérateur ferroviaire a eu l’idée surprenante de récupérer la chaleur créée par les 250.000 usagers quotidiens de la gare de Stockholm pour alimenter un immeuble situé à proximité.

Grâce à un système d’échangeurs de chaleur couplé au système de ventilation préexistant de la gare, la consommation énergétique du bâtiment a diminué de 25%.

A Paris, 500.000 usagers transitent par la Gare du Nord chaque jour. Une intéressante source de chaleur à valoriser ?

 

Produire de l’électricité pour le quartier sur son vélo

Autre énergie fatale, autre source de production. L’entreprise S-Park, fondée par Guillaume Roukhomovsky et Blaz Verhnjak, a eu l’idée d’emmagasiner l’électricité générée par les vélos avant de la redistribuer dans le réseau électrique grâce à un nouveau type de parking à vélos, le S-Park.

Amsterdam était toute désignée pour accueillir cette innovation. En effet, plus de 2 millions de kilomètres y sont parcourus à vélo chaque jour pour une production d’énergie potentielle de 19,5 millions de kwh.

Toujours au stade de test, le concept repose sur l’installation de roues avant, capables de stocker, dans une batterie, l’énergie générée lors des trajets. Une fois le vélo placé dans le S-Park, la batterie se connecte aux récepteurs du parking et l’énergie stockée peut alors être utilisée pour l’éclairage urbain ou domestique dans les habitations alentours.

Les projets et les idées ne manquent pas pour récupérer le maximum d’énergies fatales et les valoriser dans nos projets urbains ! Et cela démontre une fois de plus qu’une économie circulaire efficace et sobre ne pourra se faire qu’en « désilotant » les secteurs et les acteurs qui font la ville !

 
Article pensé et rédigé par Lauriane Debord et Baptiste Estignard pour Chroniques Urbaines™

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