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Les matériaux de construction : nouvelle source de bien-être au travail ?

Les professionnels du bâtiment font aujourd’hui face à de nombreux nouveaux défis : être conformes aux nouvelles réglementations thermiques, être plus respectueux de l’environnement ou encore baisser les coûts de construction. En conséquence, les matériaux de construction ne cessent d’évoluer, de se perfectionner et d’innover pour répondre aux nouveaux enjeux d’efficacité énergétique. De plus, les bâtiments tertiaires doivent également s’adapter aux nouveaux modes de travail et être vecteurs de bien-être pour les utilisateurs, ce qui structure de plus en plus la construction et la rénovation de ces bâtiments, jusqu’aux matériaux utilisés. Comment alors les matériaux de construction deviennent-ils un élément constitutif du bien-être au travail ?

Les réglementations sont porteuses d’innovations en termes de matériaux de construction

La réglementation thermique et la réglementation énergétique, complétées par la loi ELAN et la taxe carbone, contribuent à façonner un contexte réglementaire de plus en plus contraignant sur l’efficacité énergétique des bâtiments tertiaires, neufs et existants. Dans une ambition partagée de répondre à l’Accord de Paris sur le climat, ces nouvelles prérogatives ont un impact direct sur les innovations en termes de matériaux de construction.

Premièrement, l’isolation thermique est un enjeu primordial : 3/4 de la consommation d’énergie finale des bâtiments provient du chauffage et de la climatisation. Dans ce contexte, le bois retrouve sa place dans les projets architecturaux contemporains. Constitué de matières organiques, le bois est un excellent régulateur thermique et hygrométrique. En effet, à épaisseur égale, le bois isole thermiquement : 6 fois plus que la brique, 12 fois plus que le béton, 450 fois plus que l’acier, et 1700 fois plus que l’aluminium. Les parois en bois respirent également mieux et régulent l’humidité ambiante.

Deuxièmement, l’Analyse du Cycle de Vie (ACV) est en voie de s’imposer comme un prérequis à la construction de bâtiments tertiaires neufs. En effet, la réglementation Energie-Carbone remplacera à terme la RT 2012 actuellement en vigueur, et généralisera le bâtiment à énergie positive au lieu du bâtiment basse consommation et nécessitera un outil d’ACV. Un label « énergie-carbone » a été créé pour encourager dès à présent la construction de bâtiments à énergie positive : Le label E+C-. Il est composé à la fois d’un niveau énergie (évalué par l’indicateur « Bilan Bepos ») et d’un niveau carbone (évalué par l’indicateur « Carbone »).

La méthode de calcul retenue pour définir les bâtiments bas carbone prend en compte les émissions de gaz à effet de serre en phase de construction des bâtiments afin de répartir l’effort de réduction. Cette approche tend alors à valoriser les matériaux biosourcés ou recyclés.

Pour aller encore plus loin dans cette démarche, le label BBCA (Bâtiment Bas Carbone) intègre le label E+C- comme un prérequis et valorise les démarches bas carbone d’un bâtiment à l’ensemble des phases de construction, d’exploitation et de fin de vie. La quantité de matière biosourcée et la mixité intelligente des matériaux contenue dans la construction devient alors un élément structurant de l’obtention du label.

Etude de cas : Le plus grand campus en bois massif dans le monde : l’Arboretum de Nanterre

Dans un contexte réglementaire évolutif, des projets pilotes émergent et témoignent de l’intégration grandissante de matériaux durables dans la construction de bâtiments d’envergure. Ainsi, l’Arboretum, un « campus de bureaux en bois », va être développé à Nanterre par les sociétés Woodeum et BNP Paribas. 125 000 m2 de bureaux seront aménagés au cœur d’un parc de 9 hectares installé sur une ancienne friche industrielle. Le projet mise sur les 5 sens pour optimiser le bien-être des salariés au quotidien : confort acoustique et visuel optimisés, cadre fortement végétalisé, équipements et finitions en bois massif et matériaux innovants… Les architectes ont même prévu la diffusion de senteurs naturelles dans un environnement de travail avec vue et accès direct à la nature. Arboretum a été conçu pour offrir une multitude de possibilités pour travailler : salles de réunion dans le parc, grands salons lumineux avec 6 mètres de hauteur sous plafond, terrasses à chaque étage, cafés et bars en bords de Seine, espaces atypiques et modulables dans d’anciens bâtiments industriels, bulles de travail extérieures, ou encore un amphithéâtre de verdure. Arboretum est ainsi le parfait exemple de l’utilisation de matériaux biosourcés sur des projets de grande ampleur qui répond aux exigences réglementaires mais s’inscrit aussi dans une démarche de bien-être des futurs utilisateurs.

Les matériaux de demain : vers davantage de bien-être pour les occupants ?

En ce qui concerne les certifications, HQE et BREEAM® accordent plusieurs crédits relatifs à la santé et au bien-être, notamment le confort visuel, acoustique et olfactif, la qualité de l’air intérieur ou encore le confort thermique. De la même manière, dans la sixième partie de son référentiel, le label WELL accorde une place primordiale au confort thermique et acoustique. Cette approche du bien-être des utilisateurs dans la certification bien-être WELL mais également dans les certifications environnementales ancre dans les pratiques de construction et de rénovation le bien-être et crée un effet d’entrainement dans le choix des matériaux qui dépassent leur simple fonction liée à l’efficacité énergétique.

En effet, au-delà des aspects techniques, l’utilisation de matériaux tels que le bois, le métal, l’acier crée un environnement olfactif, sensoriel et visuel propre à chacun. Ainsi, les structures en métal permettent l’élaboration de grands espaces ininterrompus qui libèrent le champ de vision. De même, la brique et le bois confèrent chaleur et authenticité à l’environnement de travail, en apportant du relief qui alimente le caractère des espaces intérieurs de bureaux. Enfin, les odeurs de la pierre et du bois sont aussi un élément qui a été étudié comme facteur de sérénité dans les espaces de travail.

Seule ombre au tableau : le prélèvement des ressources naturelles. Au cours du XXème siècle, l’extraction des énergies fossiles a été multipliée par 12 dans le monde alors que celle des matières premières minérales pour la construction a été multipliée par 34.

Ainsi, le recours aux seuls matériaux biosourcés (bois, liège, paille, chanvre, ouate de cellulose, textile recyclé, laine de mouton) semblent être une tendance à suivre pour assurer la durabilité des bâtiments tertiaires. Dans cette dynamique, la société japonaise Sumitomo Forestry prévoit de construire en plein Tokyo une tour d’habitation de 350 mètres composé à 90% de bois, soit plus haut que la tour Eiffel !

Enfin, d’autres matériaux bénéfiques à l’environnement et au bien-être émergent : les matériaux végétaux. Ainsi, le « Palm Leather Project » utilise des feuilles du palmier à noix de bétel pour créer une alternative au cuir, au caoutchouc ou au plastique. Très présente en Inde, cette ressource est aujourd’hui encore faiblement valorisée. Rendues flexibles, les feuilles peuvent ensuite être travaillées sur du matériel conventionnel pour réaliser accessoires et mobilier, et constituent un véritable potentiel pour le secteur des revêtements muraux et des cloisons prêtes-à-poser. L’utilisation de végétaux sera-t-elle le prochain levier de création de valeur pour répondre au double objectif de performance environnementale et de bien-être des utilisateurs ?

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