Cover-x850.jpg

La technologie blockchain est-elle un levier d’action pour la transition écologique de nos villes ? Le Vrai du Faux.

En matière d’innovation numérique, cela fait maintenant quelques années que la « blockchain » est sur toutes les lèvres. Aujourd’hui, dans Chroniques UrbainesTM, vous aurez l’occasion d’en apprendre plus sur ses applications et comment elle ouvre de nouvelles opportunités pour répondre aux enjeux de la transition écologique de nos villes.

Popularisée par le déploiement de cybermonnaies telles que le Bitcoin, la technologie blockchain a permis la création de nouveaux modèles économiques inimaginables auparavant.  En effet, un tiers de confiance était obligatoire pour chaque transaction effectuée, ayant pour rôle d’assurant une confiance entre ses pairs. La blockchain permet de s’affranchir de ce tiers de confiance traditionnel en vérifiant les informations sécurisées entre pairs. Elle permet de tracer, sécuriser et certifier les échanges effectués via sa plateforme, sans l’intervention d’un système centralisé.

Comment cette technologie contribue-t-elle à l’émergence de nouveaux modèles intéressants en matière de transition énergétique ? Comment discerner l’impact réel que la blockchain peut avoir sur notre société aujourd’hui ?

 

« La technologie blockchain permet la création de nouveaux modèles applicables à la gestion de l’énergie des villes en optimisant leur bilan carbone » – VRAI

Une des applications de cette technologie est la décentralisation des contrats d’achat-vente d’électricité, à travers des « smart contracts » d’énergie produite en ville, générée grâce à des panneaux photovoltaïques. Les membres de ce réseau d’acheteurs/vendeurs effectuent des transactions directement entre pairs, sans passer par un fournisseur qui rachète/revend l’électricité produite.

Cela fait une dizaine d’années que ce modèle a été développé dans le quartier de Brooklyn, à New York, par l’entreprise TransActive Grid. Cette dernière a permis la création d’un marché local d’énergie produite grâce à des panneaux photovoltaïques sur les toits du quartier. En France, ce modèle s’est aussi développé dans certaines villes, notamment grâce à l’entreprise SunChain qui permet de créer ce réseau auto-consommateur local (clique ici pour en apprendre plus sur leurs activités).

De plus, ce modèle basé sur la blockchain permet d’apporter des pistes de réflexion sur deux autres problématiques liées à la gestion de l’énergie dans les villes : le transport et le stockage de l’énergie électrique. Pour le transport, l’énergie est produite et consommée localement, ce qui en réduit ses pertes. Quant au stockage, le modèle proposé dans le quartier de Confluence à Lyon, utilisant le même système de « Smart Grid » qu’à Brooklyn, intègre différents types bâtiments dans son réseau ; il utilise la blockchain pour créer un système de gestion de la consommation. Par exemple, en journée,  l’énergie produite par un immeuble locatif inhabité sera redistribuée à un immeuble de bureaux. Le Smart Grid permet donc d’optimiser l’utilisation de l’électricité dans le quartier. Il réduit le temps de stockage de l’énergie, un problème souvent associé aux énergies renouvelable qui génère des excès ponctuels d’électricité.

 

Maquette de l’écoquartier de Confluence à Lyon, et montrant les synergies existantes entre ses différents acteurs (Source : Bouygues Immobilier)

 

« La technologie blockchain permet la création de modèles applicables à grande échelle et ayant un impact environnemental quasi nul, ce qui en fait un vecteur d’une transition écologique durable. » – FAUX

En effet, les modèles de pairs-à-pairs permis par cette technologie contribuent au problème de pollution numérique actuel. Pour fonctionner, le système de blockchain exige qu’une multitude de serveurs soient connectés en même temps, ce qui consomme énormément d’énergie et vient contrebalancer les économies effectuées grâce à l’émergence de nouveaux modèles utilisant cette technologie.

A titre de comparaison, sur une période d’un an, il a été estimé que le Bitcoin consomme autant d’énergie électrique que la Finlande, soit 0,34% de la consommation mondiale d’électricité.

 

Tableau de comparaison de la consommation en électricité du Bitcoin sur un an, avec la consommation de plusieurs pays (Source : Cambridge Bitcoin Electricity Consumption Index)

 

 

« Le modèle créé grâce à la technologie blockchain peut être adapté à d’autres ressources que l’énergie, et réduire ainsi l’impact environnemental des villes » – VRAI

Par exemple, si l’on prend le secteur de la construction, il y a aujourd’hui une forte pression quant à la mise en place des synergies d’économie circulaire entre ses différents acteurs. Le système de pair-à-pair créé par la blockchain facilite la collaboration entre plusieurs acteurs d’un même secteur grâce à la mise en place de « smart contracts » applicables à n’importe quel type de transaction. Il s’agit là d’une opportunité énorme de création de « Smart Grid » pour certains organismes publics ou privés, notamment pour la gestion de leurs déchets, sans avoir besoin de passer par un système centralisé parfois onéreux à mettre en place.

La technologie blockchain donne des opportunités d’alternatives économiques grâce à la décentralisation des transactions entre les acteurs. Elle élargie le pouvoir donné à chacun d’entre eux, pour entamer une transition écologique de nos villes. Toutefois, sa consommation en électricité remet en cause son impact à long terme sur nos sociétés. 

 

Article écrit par Martin Le Tallec pour Chroniques UrbainesTM.

Pour plus d’informations sur l’immobilier et la ville agile de demain, prenez contact avec Green Soluce et découvrez nos offres de services ici.

Green SoluceLa technologie blockchain est-elle un levier d’action pour la transition écologique de nos villes ? Le Vrai du Faux.
Share this post