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Grève et arrêt des transports : quelles opportunités pour nos modes de déplacement ?

La grève des transports de cette fin d’année 2019 fait émerger des alternatives à la voiture et aux moyens de transport habituels, des initiatives se multiplient pour assurer les trajets logement – lieu de travail. Cette grève nous permet de questionner notre résilience face à l’arrêt des transports et de faire émerger de nouvelles solutions bas-carbone, lesquelles ?



 
Selon l’étude 2018 de l’Observatoire de la Mobilité [1], 70% des Français habitant dans des agglomérations de plus de 50 000 habitants utilisent régulièrement les transports publics (bus, TER, métro, tramway et RER). Seulement 14% des usagers utilisent les transports en commun pour des raisons environnementales (ils étaient 7% en 2015) contre 46% pour des raisons pratiques (stationnement payant, embouteillage, etc.).

Par ailleurs, l’étude montre que 81% des voyageurs ayant changé de mode de déplacement en raison des grèves [2] l’ont fait de manière ponctuelle (contre 84% en 2017) et 19% de façon durable (contre 16% en 2016). Parmi ces derniers, qui changent durablement de moyen de transport suite à ce genre d’épisodes difficiles, c’est bien souvent la marche à pied qui est adoptée après l’avoir testée en l’absence de moyens de transport (54%).

 

Les alternatives pour le transport : longue distance ou dernier kilomètre ?

Faire face à un arrêt des transports publics ne s’aborde pas de la même façon que l’on soit dans une grande agglomération ou en milieu rural.

Lorsque le nombre de kilomètres à faire dépasse la distance d’une marche à pied ou d’un trajet en vélo quotidien, d’autres solutions émergent : prendre une voiture souvent laissée au garage, bus, co-voiturage, auto-partage ou encore free-floating (scooters, vélos et trottinettes). Toutes ces solutions ont leurs avantages et leurs opportunités selon nos besoins et surtout selon nos possibilités. En effet, les inégalités entre ville, proche banlieue et grande banlieue ressortent d’autant plus dans ces situations.

Enfin, la marche à pied et le vélo restent les indétrônables valeurs sûres pour les personnes habitant en centre-ville ! Pour certains, l’arrêt des transports en commun est même l’occasion de se remettre au sport en allant au bureau en jogging ou de parcourir des kilomètres à vélo. C’est aussi l’occasion de redécouvrir sa ville, de se promener dans des quartiers méconnus, de traverser des parcs et espaces verts nouveaux, etc.

Un autre moyen de transport auquel on pense moins est le bato-bus, pourtant très pratique à Paris, pensez-y !

 

Les alternatives pour le travail : un écran, un fauteuil et une connexion internet ?

Si les modalités de transport changent, la manière de travailler change tout autant et de nouvelles alternatives existent.

Entré depuis peu dans les accords d’entreprise, le télétravail fait sa place dans les mœurs et apparaît indéniablement comme une solution en période d’arrêt des transports.

Mais au-delà du seul télétravail à domicile, les espaces de coworking ou les « tiers lieux » à mi-chemin entre habitation et lieu de travail sont aujourd’hui des solutions bien installées dans nos villes qui permettent de limiter nos déplacements. On voit même par ailleurs des offres de coworking permettant de travailler dans différents espaces appartenant à un même opérateur (voir interview du fondateur de Patchwork) et ainsi de se rendre dans celui qui est le plus proche de son domicile ou des rendez-vous prévus dans la journée.

On parle régulièrement de « Office As A Service » (Bureaux comme un Service) en référence aux modèles digitaux de « Software As A Service » ou SaaS (Logiciel comme un service). L’idée n’est plus de proposer des surfaces de bureaux fixes mais d’offrir la possibilité de travailler en fonction de ses besoins et de sa localisation. L’objectif premier de ce type d’offre est de s’adapter aux évolutions des besoins des entreprise dans le temps, mais c’est aussi une opportunité de réponse aux enjeux de mobilité en cas d’arrêt des transports publics.

 

Logement As A Service : une option à étudier ?

Et si certains n’ont pas la possibilité de trouver des bureaux proches de leur domicile, pourquoi ne pas réfléchir à des solutions permettant de disposer d’un logement à proximité de son bureau ? Dans le même esprit que le « Office as a Service », le « Housing as a Service » (Logement) permettrait aux utilisateurs de disposer d’un logement adapté aux différentes étapes de la vie d’un ménage (célibat, vie de couple, enfants, départ des enfants, séparations, etc.). Cette réflexion, de plus en plus présente aujourd’hui en raison des évolutions constantes des ménages, pourrait elle aussi s’imposer comme une solution en cas d’arrêt des transports en permettant aux usagers de disposer de logements à proximité de leur bureau pendant des temps spécifiques.

On voit d’ailleurs que de nombreux travailleurs cherchent des solutions d’hébergement d’urgence pour éviter les transports pendant les grèves (accueil par d’autres employés, Airbnb, hôtel, etc.)

Ainsi les réflexions ne se portent plus sur le bien immobilier en tant que tel mais sur son usage. Aujourd’hui et surtout demain, un immeuble pourra être un lieu de travail, un lieu de vie ou les deux à la fois, au même étage, dans la même pièce grâce à quelques aménagements ingénieux.

En période de grève et d’arrêt des transports, toutes ces solutions alternatives permettent également de lutter contre la saturation des transports et les aléas météorologiques. Autant d’occasions de les utiliser sur le long terme et de les ancrer dans nos habitudes pour diminuer notre empreinte environnementale.

 
[1] Observatoire de la mobilité 2018, Union des Transports Publics et Ferroviaires, https://bit.ly/35BfaCC

[2] Grèves du printemps 2018 liées à la loi Nouveau pacte ferroviaire.

 
Article pensé et rédigé par l’équipe de Green Soluce pour Chroniques Urbaines™

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