CoronaV3FR.png

Covid-19 : 3 raisons d’accélérer la transition environnementale et sociétale pour les investisseurs et financeurs de l’immobilier

« Le changement climatique est un problème chronique et le Covid-19 est un problème aigu », a déclaré Sam Fankhauser, ancien Directeur de l’Institut Grantham sur le changement climatique. L’esprit humain réagissant plus promptement à ce qui est proche de lui et tangible, nous comprenons bien ici tout l’enjeu de ne pas fermer les yeux sur les risques environnementaux et sociétaux latents dans le contexte du Covid-19. Alors, pourquoi les acteurs financiers, doivent-ils être particulièrement attentifs dans ce contexte ?

 

Après le business case de la RSE pour les entreprises, le business case de l’ISR pour les investissements

La demande des investisseurs pour l’intégration des critères de responsabilité environnementale et sociétale est croissante. Une des illustrations est la dynamique autour de la labellisation lSR. Entre 2018 et 2019, les fonds (non immobiliers) labellisés ISR ont augmenté de 80% pour atteindre un total de 263 fonds labellisés « Label ISR » fin 2019. Cette croissance s’accompagne par des discours forts, comme celui de La Banque Postale AM de labelliser ISR l’intégralité de ses fonds à horizon 2020.

Et les fonds immobiliers ne sont pas en reste. Le label Greenfin (ex label TEEC), publié fin 2015 au lendemain de la COP21, et la sortie très prochaine du label ISR pour les fonds immobiliers promettent un contexte favorable pour le déploiement de l’ISR dans le secteur de l’immobilier. D’après un sondage réalisé en 2019 par le Property Working Group (PWG) de l’UNEPFI auprès des investisseurs et des acteurs du secteur de l’immobilier, les critères ESG sont devenus fondamentaux dans les choix de décisions d’investissement : ils sont intégrés dans la gestion des risques et dans les processus de création de valeur. Les investisseurs et gestionnaires de fonds se préparent !

Pourquoi faut-il accélérer cette transition et intégrer les enjeux ESG au cœur des stratégies d’investissement ? Premièrement, notons que la crise sanitaire actuelle s’inscrit dans une lignée de crises environnementales et sociétales à l’écho international (l’Amazonie en flammes, les feux destructeurs en Australie, la crise des gilets jaunes en France, etc.). Ces crises ne peuvent pas être pensées en silo mais bien comme le résultat d’un dérèglement de notre rapport à la nature (rappelons que le Covid-19 est une zoonose, c’est-à-dire une maladie transmise de l’animal à l’homme), à l’environnement et aux autres, rendant à chaque fois plus tangible un sentiment de dérèglement de notre système économique.

Deuxièmement, nous pouvons nous attendre à une prise de conscience planétaire des impacts de l’activité humaine sur la nature au travers de cette crise sanitaire. Cette prise de conscience peut donner lieu à une hausse de la vigilance et des attentes de la société concernant la prise en compte des enjeux de développement durable. L’image et la réputation deviennent un enjeu croissant et différenciant comme on peut le voir au travers de la multiplication de la communication sur les dons et gestes solidaires des entreprises.

 

La biodiversité, nouvel enjeu pour les investisseurs immobiliers

Plus de 60% de l’expansion urbaine de ces dernières années dans le monde s’est effectuée sur des terrains fertiles (ScienceDaily, mars 2020). Mis en lumière par la crise sanitaire, l’enjeu de la préservation des espaces naturels et de la biodiversité est un sujet directement lié avec l’artificialisation des sols. La croissance du label BiodiverCity® développé par le CIBI, les innovations déployées par les foncières comme Icade avec le Contrat de Performance Biodiversité en partenariat avec CDC Biodiversité ou par les gestionnaires comme La Française qui a lancé une collaboration avec la société MUGO en témoignent : plus que jamais la préservation de la biodiversité doit être à l’honneur dans les projets immobiliers.

Mais pourquoi doit-elle aussi entrer dans les grilles d’évaluation des investisseurs ? Car la biodiversité et plus largement la présence de nature devient un facteur d’attractivité pour les citoyens. Bien-être, espaces sportifs naturels, rafraîchissement en été, la présence de nature devient un élément d’attractivité des villes. Un exemple : la dernière campagne de communication de la ville de Cannes prônant 1 arbre pour 2 habitants. Elle a donc vocation à contribuer à la valorisation des actifs aux yeux des marchés immobiliers.

La résilience des actifs immobiliers encore plus mise à l’épreuve

La résilience est la capacité d’un système exposé à des dangers d’y résister, de s’adapter à leurs effets et de se relever rapidement et efficacement, notamment en préservant et en rétablissant ses structures et fonctions essentielles.

La crise sanitaire actuelle montre qu’il est plus que nécessaire pour les acteurs de l’immobilier d’anticiper les risques liés au changement climatique mais également les risques politiques et sociétaux. Sur le plan environnemental, cette crise fait prendre conscience du contexte d’incertitude dans lequel nous évoluons aujourd’hui. L’anticipation doit devenir le mot d’ordre pour appréhender les risques climatiques et les stratégies bas carbone inévitables pour réduire ces risques autant que possible. Sur le plan sociétal, cette crise soulève la question de la généralisation du télétravail et du travail à distance, de l’enjeu de la digitalisation et de la continuité des activités digitales, de la solidarité entre les générations et du lien social. L’objectif : s’assurer de la valorisation sur le long terme des actifs. Cette crise inédite ne doit donc en aucun cas ralentir la prise en compte du développement durable, au contraire.

Ensemble, faisons de cette crise une opportunité. Une opportunité d’autant plus importante que les travaux européens sur le sujet de la finance s’accélèrent. Le premier rapport de la Taxonomie européenne a été publié le mois dernier et l’Europe a publié son Green Deal avec pour objectif de réduire de 50 à 55% les émissions de CO2 d’ici 2030 et de devenir Net Zero Carbon d’ici 2050. Il en est de même pour la France. Si la crise du Covid-19 a éveillé votre solidarité, notamment à l’échelle nationale, faite perdurez votre engagement pour des villes plus durables, résilientes et inclusives. Quelle sera votre approche ?

 

Article écrit par Constance Flachaire pour Chroniques UrbainesTM.

Inscrivez-vous à une session d’informations sur les enjeux de la finance durable et les solutions proposées par Green Soluce par notre Hub Sustainable Finance ici

Pour plus d’informations sur l’immobilier et la ville agile de demain, prenez contact avec Green Soluce et découvrez nos offres de services ici.

Green SoluceCovid-19 : 3 raisons d’accélérer la transition environnementale et sociétale pour les investisseurs et financeurs de l’immobilier
Share this post