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Assurer la résilience des bâtiments sociaux

L’Union Européenne a encouragé les recherches visant à améliorer la résilience des villes européennes grâce à des programmes tels que LIFE, un instrument de financement pour l’environnement et l’action climatique. L’objectif général de LIFE est de contribuer à la mise en œuvre, à l’actualisation et au développement de la politique et de la législation de l’Union Européenne en matière d’environnement et de climat en co-finançant des projets à forte valeur ajoutée pour toute l’Union.

Cette semaine, Chroniques urbaines™ se penche sur un projet LIFE particulièrement novateur, le projet My Building is Green, qui répond aux objectifs de l’Union européenne en faveur de villes plus résilientes et plus inclusives grâce notamment à des solutions fondées sur la nature.

 

My Building is Green

Le changement climatique exerce une pression sur nos infrastructures publiques physiques, telles que les bâtiments publics destinés à l’éducation et aux services sociaux, mais aussi sur les infrastructures de services, comme nos systèmes de santé. Les bâtiments européens destinés à l’éducation et aux services sociaux seront confrontés à de nombreux défis au cours des prochaines décennies et le changement climatique augmentera la pression qui pèse sur eux, car beaucoup de ces bâtiments ont été construits il y a plus de 30 ans avec des matériaux et des enveloppes qui ne présentent pas de caractéristiques d’efficacité énergétique ou d’adaptation au climat.

Le projet « Life – My Building Is Green », co-financé par le programme LIFE, est un projet ambitieux et prometteur qui se concentre sur la mise en œuvre de solutions fondées sur la nature dans les bâtiments publics existants. L’implémentation commence en Espagne et au Portugal avec l’adaptation climatique de 3 bâtiments pilotes (deux écoles et un centre de services sociaux), avant de faciliter l’accès à ce type de solutions fondées sur la nature en publiant des rapports de référence et des manuels de bonnes pratiques sur la mise en œuvre de ces solutions dans les écoles et les services sociaux pour les 4 zones exposées aux risques climatiques de l’Union Européenne.

Nous avons eu le plaisir de rencontrer son coordinateur général, Salustiano Torre Casado, membre du Consejo Superior de Investigaciones Científicas de Madrid, pour qu’il nous en dise plus.

 

Assurer la résilience des bâtiments sociaux

Les bâtiments choisis pour cette expérience ont un besoin urgent d’adaptation au climat. En effet, ils ont une isolation thermique minimale, peu ou pas de ventilation mécanique, peu d’étanchéité sur le toit et des ouvertures de fenêtres qui occupent plus de 75% de la surface totale des façades orientées sud, est et ouest. Lorsqu’elles sont exposées à 12 heures de soleil par jour, les températures intérieures peuvent commencer à 26° dès 9 heures du matin et atteindre 36°-37° pendant les heures d’occupation de l’après-midi.

Par conséquent, les utilisateurs réguliers, qui passent entre 70 et 75 % de leur temps de journée dans ces espaces, sont fréquemment exposés à de graves problèmes de santé et à un stress thermique. Ainsi dans les écoles, la chaleur accrue rend les cours difficiles tant pour les élèves que pour les enseignants. En outre, comme il est nécessaire de baisser les stores et d’apporter de la lumière artificielle à la classe dès le petit matin, des changements de biorythme des enfants sont observés.

D’autre part, un élément notable de ces bâtiments pilotes est leur problème budgétaire très contraint qui impose donc la conception de systèmes nécessitant le moins d’entretien possible.

 

Des solutions passives et fondées sur la nature

Le but principal de ce projet est de corriger les problèmes mentionnés ci-dessus en fournissant des solutions fondées sur la nature, la plupart du temps des moyens architecturaux passifs.

Plus précisément, ces solutions sont définies comme des solutions inspirées et soutenues par la nature, qui sont rentables, tout en apportant des avantages environnementaux, sociaux et économiques, et en aidant à mettre en œuvre la résilience climatique. Ces solutions visent à apporter des caractéristiques et des processus naturels plus diversifiés aux villes grâce à des interventions adaptées au niveau local, économes en ressources et systémiques.

Plusieurs types de solutions ont été mis en œuvre dans le cadre du projet :

  • Des protection solaires végétales pour les façades afin de réduire les radiations entrantes et d’introduire de l’humidité
  • Des toitures végétalisées pour réduire le gain de chaleur et l’effet d’îlot thermique urbain
  • Des toitures qui collectent les eaux de pluie
  • Des fenêtres automatisées pour permettre une ventilation naturelle en fonction des températures et de l’humidité mesurées à l’intérieur et à l’extérieur.
  • Des sols drainants pour réduire l’effet d’îlot de chaleur urbain grâce à l’évapotranspiration du sol.
  • Des jardins extérieurs durables pour accroître le confort général en plein air

Image 1- Exemple de jardins verticaux – Source: Life-My Building is Green

Même si la plupart de ces solutions sont bien connues, plusieurs de ces solutions sont des technologies en phase de prototype, uniquement fabriquées pour ces projets pilotes, tandis qu’en parallèle des brevets sont créés pour leur développement.

Pour ce faire, trois institutions ont uni leurs forces pour une approche transversale.

  • L’Institut des sciences de la construction Eduardo Torroja, qui conçoit des prototypes et surveille l’impact des solutions naturelles.
  • La Fondation CARTIF qui participe également à la conception et au suivi des prototypes.
  • Le Jardin Botanique Royal qui est responsable de la coordination et de la sélection des espèces indigènes.

 

Des objectifs clairs à répliquer à travers tout l’Europe

En 2019, des capteurs ont été installés dans les bâtiments pilotes pour collecter les données avant les interventions. Suite à cela, les travaux devraient démarrer à l’été 2020, pour une durée de 3 à 4 mois seulement, de sorte que des mesures comparatives pourraient déjà être effectuées en 2021.

Les résultats attendus sont avant tout techniques :

  • Réduction des températures d’environ 5°C
  • Réduction des concentrations de CO2 (environ 40% visés)
  • Réduction de 50 % des coûts énergétiques pour le refroidissement et de 10 % pour le chauffage
  • Réduction de 50 % de la consommation d’eau d’irrigation

Par la suite, l’objectif sera de diffuser cette bonne pratique.

Tout d’abord, avec la signature d’accords gouvernementaux et de programmes intercommunaux, afin d’intégrer les solutions fondées sur la nature dans les réglementations officielles, les plans d’actions et les programmes environnementaux. Ensuite, par la publication d’un guide de solutions, destiné aux gestionnaires des bâtiments publics, afin qu’ils puissent demander une adaptation de ces concepts dans leurs projets. Et enfin, en développant la méthodologie afin qu’elle puisse être applicable dans les 4 zones exposées aux risques climatiques de l’UE.

Récemment, ce projet a obtenu le prix national de la durabilité décerné par « El Suplemento » et, sur la scène internationale, il a remporté le prix du développeur de technologie du congrès Life-Habitat.

 

Interview retranscrite par Dylan El Omeiri pour Chroniques UrbainesTM.

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