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Travailler vos cinq sens au bureau

La prise en compte de l’impact des bâtiments sur la santé et le bien-être de ses occupants n’est pas une nouveauté, mais prend ces dernières années une importance grandissante dans le secteur de l’immobilier. Au Salon de l’Immobilier d’Entreprise 2017, une place était particulièrement donnée aux composantes du bien-être, essentielles pour penser durablement les futurs mètres carrés de bureaux.

Dans les années 1970, le concept du « Sick Building Syndrome » émerge en se définissant comme la combinaison de symptômes de types maux de tête, irritation des yeux ou bien sècheresse de la peau du visage. Particulièrement vrai dans les bâtiments neufs, ce phénomène se développe en raison des nombreux polluants émis par les peintures et l’ameublement choisis, d’une mauvaise ventilation des locaux, d’un éclairage parfois inapproprié, du bruit environnant ou d’autres facteurs physiques. Une étude de l’Institut National de Recherche sur les Conditions de Travail publiée en 2000 estime que, dans les pays occidentaux, entre 20% et 30% des employés de bureau sont touchés par ce syndrome. Face à ce constat, il semble important de faire évoluer notre approche du bien-être au travail, et ce bien au-delà de la simple prise en compte des propriétés physiques des bâtiments.

Explorons en quoi le bien-être au travail passe par l’attention tout particulière que nous accordons à nos cinq sens, constamment stimulés que ce soit de manière consciente ou inconsciente.

La Vue : luminosité et vue sur l’extérieur

La lumière est un facteur qui est aujourd’hui très bien pris en compte dès la phase de conception des bâtiments de bureaux. L’intégration de grandes fenêtres permet aux collaborateurs de travailler avec un maximum de lumière naturelle tout en ayant l’opportunité de voir vers l’extérieur.

Car si la lumière est importante physiquement, elle l’est aussi mentalement en permettant le bon fonctionnement du rythme circadien, horloge biologique qui nous rappelle que notre corps est fait pour vivre le jour et dormir la nuit. Un dérèglement de ce rythme quotidien a souvent de dures répercussions sur la santé, comme le montrent les études sur le travail de nuit ou sur le travail en milieux clos (sous-marins, mines…).

Les certifications environnementales et de bien-être dans le domaine du bâtiment durable intègrent très bien cette dimension sensorielle. L’évaluation du bien-être est conditionnée par l’obtention de crédits relatifs à la quantité de lumière naturelle traversant les bureaux, à la distance existante entre les postes de travail et les fenêtres environnantes (thème abordé par les certifications BREEAM®, WELL™ et OsmoZ®), aux éléments présents dans le champ de vision à travers les fenêtres (certification HQE) ou encore à la profondeur du champ de vision disponible (certifications LEED® et HQE™).

L’Ouïe : le silence est d’or

L’importance des sons au sein des bâtiments de bureaux a commencé à se développer en France dans les années 1960-1970 avec la publication de la première réglementation acoustique des bâtiments d’habitation neufs fixant des exigences précises. Avant cela, les acousticiens travaillaient surtout sur des projets spécifiques comme des théâtres ou tout autre lieu de représentation.

Aujourd’hui, à l’heure de l’open space et du téléphone personnel, il est primordial d’intégrer la dimension acoustique lors de la conception du bâtiment, afin de s’assurer que les bruit dus aux chocs, aux systèmes de ventilation et aux discussions de voisins de bureau ne soient pas trop dérangeants pour la concentration des équipes de collaborateurs. L’investissement financier en termes d’isolation phonique ou de correction acoustique est rapidement amorti grâce à l’augmentation de la productivité des collaborateurs qui, généralement, ont du mal à se concentrer dans un environnement bruyant

L’Odorat : un sens peu exploré

Élément beaucoup moins pris en compte aujourd’hui, la pollution olfactive est dans certains bureaux un véritable problème. Un cloisonnement hasardeux entre la cuisine et les bureaux, additionné à un courant d’air filant, suffisent à emplir les espaces de travail d’un « fumet » peu propice à la concentration de ses occupants. D’une manière générale, que ce soit pour les sanitaires, la cuisine ou les espaces fumeurs, les mouvements d’air doivent être pris en compte dès la conception, notamment dans le cadre de Simulations Dynamiques des Fluides. Certains pays sont déjà très sensibilisés au concept de pollution olfactive, notamment avec la création d’espaces « scent free », sans parfum, bannissant les produits fortement olfactifs en vertu du droit de chacun de respirer un air neutre.

Le Goût : manger bien et bon

La qualité de la nourriture est primordiale, aussi bien pour le corps que pour l’esprit. Cette philosophie de vie est notamment démontrée par l’engouement relancée pour les produits locaux et issus d’une agriculture respectueuse de la terre, ayant pour objectif de limiter les émissions de CO2 et de contribuer à la bonne santé des consommateurs. Mais au-delà de la qualité de la nourriture, espaces et temps dédiés à la restauration sont primordiaux. De plus en plus d’études montrent qu’il est important d’avoir un espace pour se restaurer sur son lieu de travail et que celui-ci doit être à la fois confortable et accueillant. Les certifications WELL™ et OsmoZ® dédient un crédit au fait d’avoir un espace avec, par exemple, suffisamment de chaises, de couverts et un réfrigérateur mis à disposition, ce qui est encore loin d’être le cas partout. En effet, le meilleur des mets aura bien meilleur goût mangé calmement entouré de ses collègues, plutôt que seul à son poste de travail en terminant en vitesse un dossier.

Le Toucher : sensations et confort

Le toucher ne concerne pas uniquement le contact des mains sur son environnement, mais celui du corps tout entier. La qualité du siège sur lequel nous passons la majeure partie de notre journée, la forme du bureau sur lequel nous travaillons, l’ergonomie de la souris que nous manipulons à longueur de journée : Tous ces éléments sont à prendre en compte pour tendre vers une augmentation du bien-être des employés. Ces améliorations se justifient par l’impact économique et social positif induit par la hausse de la productivité des employés combinée à la baisse de l’absentéisme. Les détails importent également beaucoup, que ce soit au niveau des interrupteurs et commandes (lumière, stores, ventilation…) facilement accessibles et intuitifs, que des matériaux de finition ou bien de l’aménagement intérieur (l’acier froid de la rambarde d’escalier ou les touches d’ascenseurs difficiles à nettoyer).

 

Quotidiennement, nos cinq sens sont stimulés et les éléments pouvant diminuer la concentration et le bien-être au bureau sont nombreux. Fort heureusement, la prise de conscience de ces enjeux prend de l’ampleur et des solutions se développent très rapidement. Au cours de cette saison de Chroniques Urbaines™, nous explorerons les différents aspects du bien-être au travail, pour vivre, travailler et s’épanouir dans les meilleures conditions.

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