89198567.jpg

Tous responsables du devenir de la métropole de demain ?

Pendant toute cette saison, Chroniques Urbaines™ a dressé un panorama des diverses actions de développement économique menées par des métropoles en quête de toujours plus d’attractivité, centrées autour du concept de « Marketing urbain »[1]. Mais au fait, reste une question essentielle : comment définir la métropole idéale du futur ?

Une grande-ville courte-distance, ou une ville davantage à taille humaine ? Un modèle « Smart city » ou ville-nature ? Une économie urbaine toujours dans l’abondance de flux ou plus raisonnée ? Difficile de s’accorder sur une définition commune puisqu’elle dépend des usages émergents ancrés dans le contexte de chaque territoire, selon le pays, le lieu de vie, les activités développés… et varie fortement suivant les besoins de ses habitants.

Nous pouvons alors nous demander si cette stratégie de marketing urbain répond réellement aux besoins des principaux concernés : les citoyens. Quel modèle de gouvernance pour (co)piloter nos territoires vers davantage de cohésion sociale ? Découvrez 3 approches pour une gouvernance urbaine plus durable à toutes les échelles.

Des orientations internationales pour fonder les conditions d’une gouvernance urbaine durable

Depuis le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, l’ensemble des collectivités territoriales mondiales ont été amenées à suivre un plan d’action commun pour guider leur politique de développement durable autour des 40 chapitres de l’Agenda 21. Ayant pour but d’influencer le plan de développement urbain local, cette initiative internationale favorise pour la première fois un mécanisme de consultation des populations.

Face à l’urgence de la transition énergétique mais également sociale, le Protocole de Kyoto en 1997 puis la COP21 de Paris en 2015, inscrivent durablement des règles pour orienter les villes dans la lutte contre le changement climatique. Le Plan Climat français, mais aussi les Plans locaux d’urbanisme (PLU) ou de déplacement urbains (PDU) sont autant de déclinaisons d’outils nationaux irrigués par les politiques internationales.

La nouvelle gouvernance urbaine doit être démocratique, solidaire et collaborative et s’exercer à plusieurs échelles et plusieurs niveaux. C’est le message d’Habitat III, la Conférence des Nations Unies sur le logement et le développement urbain durable (Quito, 2016) qui propose à travers 10 « Policy Makers » les orientations souhaitées pour la ville en termes de Gouvernance. Inclus dans un processus de consultation qui se construit autour de mécanismes d’intégration verticale et horizontale, la gouvernance en réseaux prend alors tout son sens.

L’engagement social des grandes agglomérations françaises

Alors que le pouvoir de construire nos villes se voit de plus en plus relayé vers les agglomérations, c’est tout un écosystème d’acteurs publics et privés locaux qui se développe pour porter ensemble la responsabilité sociale des territoires. Coopérer pour la structuration du monde urbain et pour l’attractivité des territoires français, c’est bien la mission que s’est fixée l’association France Urbaine, regroupant déjà 103 représentants de métropoles, grandes intercommunalités et villes françaises.

Lors de la 18ème Conférence des Villes, organisée par France Urbaine le 19 septembre 2018, les grandes agglomérations françaises ont pu démontrer leur engagement commun en matière d’action sociale. Les débats furent vifs autour des questions de décentralisation et d’autonomie fiscale et financière des villes, faisant suite à la suppression annoncée de la taxe d’habitation, mais également animés autour de l’inclusion des citoyens au cœur des politiques locales.

A cette occasion, les métropoles inclusives positionnées comme d’actifs fers de lance en matière de d’aménagement durable ont pu partager leurs expériences. Johanna Rolland, maire de Nantes, présidente de Nantes Métropole, a pu revenir sur les démarches de concertation citoyenne mise en place sur son territoire et venant alimenter un imaginaire collectif métropolitain déjà reconnu dans toute l’Europe[2]. Tout comme Roland Ries, maire de Strasbourg, qui a pu présenter les résultats positifs du modèle « vélo-friendly » sur l’ensemble du territoire strasbourgeois[3].

Une démocratie locale pour un développement urbain plus résilient et raisonné

Construire la métropole du futur est un phénomène paradoxal : son développement entraîne de la fracture, mais appelle la cohésion sociale. « Tout comme il n’y a pas de gouvernance métropolitaine idéale, il n’y a pas de Métropole idéale, mais une dynamique, et une capacité collective à la réguler. » affirme le géographe, Daniel Behar.

Ainsi, la démocratie locale à travers l’engagement citoyen, dans des associations locales ou des partenariats de proximité, apporte un nouveau levier de gouvernance urbaine, pour servir la transition écologique et sociale. Solution alternative pour se dégager des multinationales alimentaires, le mouvement inter-régional des AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) propose aux agriculteurs et aux consommateurs de co-construire dans une relation de confiance le contrat des denrées à produire par saison. Une solidarité retrouvée qui peut se décliner dans un ensemble de réseaux d’entraide physiques ou de plateformes numériques (comme le mouvement de covoiturage démocratisé par Blablacar) permettant de redéfinir des échanges humains hélas trop souvent perdus.

Et si la solution à notre aire d’urbanisation se trouvait dans la conscience des lieux que nous impactons ? Le biorégionalisme[4] propose de reconnecter notre mode de vie à un écosystème local et ainsi de revenir à un modèle de consommation plus raisonnée et frugale. A l’échelle communale cela implique de mettre l’accent sur des actions multiples comme la mise en place de potagers urbains, la gestion des déchets, la sobriété des ressources.

L’approche écologique, enjeux phare du développement des territoires de demain, ne peut être pertinente et comprise par tous que si elle est déclinée concomitamment à l’échelle internationale, nationale et locale. Le développement durable doit plus que jamais s’appuyer sur son pilier social pour embarquer l’ensemble des parties prenantes dans la construction de leur métropole idéale du futur.

Article pensé et rédigé par Laëtitia Morère et Fabrice Socha pour Chroniques Urbaines™

Pour plus d’informations sur l’immobilier et la ville agile de demain, prenez contact avec Green Soluce et découvrez nos offres de services ici.

Crédit photo : Ville de Montréal

[1] Notion définie par les docteurs en urbanisme Patrice Noisette et Franck Valléguo dans leurs écrits successifs : Le Marketing des villes, 1996 et Un monde de villes ; Le marketing des territoires durables

[2] La Ville de Nantes a été récompensée du titre de Capitale Verte de l’Europe en 2013. (Re)découvrez notre article dédié au modèle d’aménagement durable nantais juste ici.

[3] La Ville de Strasbourg a été classée comme la 1ère ville « vélo-friendly » de France. Retrouvez en plus dans notre article mettant en avant les villes exemplaires en termes de mobilité durable, juste ici.

[4] Concept défini par l’architecte et urbaniste Alberto Magnaghi dans son essai La conscience du lieu (2017)

Green SoluceTous responsables du devenir de la métropole de demain ?
Share this post