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Risque climat : vers une réelle prise de conscience des acteurs financiers ?

Afin d’accélérer le financement de la transition écologique et énergétique, l’article 173 de la loi relative à la Transition Energétique pour la Croissance Verte (TECV) du 17 août 2015 impose pour la première fois en France des obligations de reporting ESG et reporting Climat pour les investisseurs institutionnels. Où en sommes-nous de la prise en compte du risque climat dans la politique d’investissement des institutions françaises ? Quel impact direct ou indirect pour les gérants immobiliers ?

Définition du risque climatique  

Le risque climatique concerne le risque financier lié à la vulnérabilité accrue des agents économiques de par leur exposition aux impacts climatiques. Dans de nombreux secteurs économiques (agriculture, agroalimentaire, énergie, textile, tourisme, loisirs, construction…), le risque climatique est beaucoup plus important que le risque de marché traditionnel car beaucoup plus imprévisible et donc d’une grande volatilité.

En suivant les scénarios des émissions mondiales de gaz à effet de serre, établis par le GIEC, Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat, l’ADEME identifie 11 principaux aléas climatiques pouvant affecter les territoires et leur bâti à l’horizon 2030 -2050. Il s’agit aussi bien de phénomènes extrêmes (sécheresse, inondation, feu de forêts…) que d’évolutions à plus ou moins long terme (augmentation des températures, élévation du niveau de la mer…). Dans un contexte où les études nous alertent sur l’urgence d’agir, la dynamique instaurée par le Plan Climat de juillet 2017, faisant suite à la COP21 de Paris, a permis une sensibilisation collective à la transition vers une économie bas-carbone.

Vers une finance durable qui intègre les risques liés au climat

Depuis la parution en août 2015 du décret d’application de l’article 173 de la loi TECV, les investisseurs institutionnels et les sociétés de gestion de portefeuilles sont soumises à une obligation de transparence vis-à-vis de leurs souscripteurs sur les modalités de prise en compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), et la gestion du risque climat dans leur politique d’investissement. Le reporting sur les enjeux climat étant une obligation réglementaire réservée aux grands investisseurs (avec un bilan supérieur à 500 millions d’euros), seules une soixantaine d’institutions financières françaises étaient concernées en 2016. Le bilan global du suivi des engagements de reporting ESG des 840 institutionnels concernés est nuancé : une faible proportion d’acteurs se sont mis en conformité et les rapports produits sont de qualité variable. Parmi les plus avancés en matière de reporting ESG-climat, les assureurs (AXA, CNP Assurances) et les institutions financières (Groupe Caisse des Dépots) semblent se distinguer en étant signataires des Principes pour l’Investissement Responsable (PRI) et d’engagements personnels portant sur le climat (Axa Group Carbon Footprint 2015 Disclosure, L’Engagement Climat du Groupe Caisse des Dépots).

Parallèlement, les acteurs immobiliers de types foncières ou sociétés de gestion en immobilier, non concernés directement par l’article 173-VI, se retrouvent également contraints, par effet d’entrainement, de communiquer sur leurs pratiques et leurs impacts ESG-climat. Parmi elles, l’entreprise Altarea Cogedim est particulièrement engagée puisqu’elle fournit une feuille de route de réduction des émissions carbone en plus d’un prix interne du carbone, ainsi qu’une analyse de son exposition aux risques liés au changement climatique. Les foncières Gecina, Icade et Nexity répondent également aux objectifs de l’article 173 en identifiant et évaluant les risques liés au changement climatique.

Le secteur de l’immobilier avait initié depuis déjà une dizaine d’années sa « transition verte » en matière de réflexion et de sensibilisation et d’action, avec notamment le lancement du Plan Bâtiment Durable lancé en janvier 2009. Intégrant les enjeux de sobriété et d’efficacité énergétique, de construction bas-carbone, le marché immobilier est au cœur d’une dynamique de valorisation d’actifs, en intégrant de plus en plus un suivi ESG et des démarches de certifications environnementales. Dans le cadre de la nouvelle édition 2018 du Baromètre de la Certification EnvironnementaleTM, le cabinet Green Soluce aborde le sujet de la valeur verte en proposant une nouvelle approche, incluant notamment le risque climatique comme un facteur de valorisation marché des biens immobiliers.

Produits dérivés climatiques pour couvrir les risques des acteurs immobiliers

Comme présenté précédemment, un risque climatique est la possibilité pour le bâtiment, ses systèmes, ou ses utilisateurs d’être négativement affectés par un aléa climatique. Afin d’évaluer au mieux le risque climatique existant pour un bâtiment, trois composantes sont à prendre en compte :

  1. La probabilité d’occurrence du risque climatique ;
  2. La gravité du risque climatique, traduisant ses conséquences sur le bâtiment si l’aléa climatique venait à se produire ;
  3. Son impact global acceptable ou inacceptable, fondé sur les deux facteurs précédents.

La valeur d’un bâtiment pouvant être largement influencée par les actions de valorisation mises en place, les certifications environnementales, devenues des standards sur le marché immobilier actuel, sont des leviers d’action à impact direct sur la performance des actifs immobiliers.

Ainsi, la certification BREEAM® intègre en phases de conception et d’exploitation une évaluation et un suivi des impacts causés par les aléas climatiques sur le bâti à court et long termes. Une méthodologie détaillée par l’ADEME permet de cartographier les risques climatiques et de proposer un plan d’action opérationnel cohérent avec les risques identifiés sur le territoire. Les certifications LEED® et HQE Bâtiment Durable™ sont également très sensibles aux risques climatiques sur les territoires, en proposant notamment un plan de gestion des eaux de pluie et des actions contre le risque d’inondation des sols.

Pionnier mondial en matière de reporting ESG-climat, la France est engagée dans la promotion de la transition écologique et énergétique, imposant à ses investisseurs institutionnels des obligations d’information. La démarche étant bien lancée, des défis demeurent cependant : augmenter le taux de réponse des acteurs concernés et travailler sur une harmonisation des méthodologies et trajectoires prises par les investisseurs.

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