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Quel avenir pour l’habitat intergénérationnel ?

Dans cet article, Sonia, notre blogueuse urbaine, partage avec nous son point de vue sur l’habitat intergénérationnel.

L’habitat intergénérationnel: des tendances contradictoires

La cohabitation intergénérationnelle est en développement partout dans le monde. Aux Etats-Unis en 1980, seulement 12 % des Américains partageaient un espace de vie avec des personnes de plus de deux générations. Selon le Pew Research Center, ce chiffre est passé à 20 % en 2016. L’explication la plus évidente de cette situation pourrait être les conséquences économiques de vivre seul. Entre 1980 et 2016, le prix des logements aux États-Unis a augmenté de 18,4 %, mais cela peut aller jusqu’à 162 % d’augmentation comme à San Francisco.

 

L’habitat intergénérationnel dans le monde

Face à la crise du logement et au vieillissement de la population, de nouveaux modèles s’installent sur le marché. De nombreuses applications font leur apparition pour faciliter le partage des espaces de travail et la mutualisation de logements permettant aux différentes générations de se rencontrer.

Malheureusement, il réside encore souvent une honte à vivre dans un espace intergénérationnel. Cela peut apparaître comme contraire à la culture américaine car cela donne souvent l’image d’un manque de réussite financière ou d’un manque de liberté présumé associé au partage du logement avec une personne âgée.

A quels avantages sociaux s’attendre ?

Il y a peu, une application établie à Boston, en a fait sa spécialité. Cette application permet aux étudiants diplômés de trouver un loyer plus accessible en échange de tâches ménagères quotidiennes parfois pénibles pour les colocataires plus âgés.

Il n’y a pas qu’aux États-Unis que le logement multigénérationnel est en plein essor. Depuis 2006, les maisons multigénérationnelles allemandes bénéficient d’un financement dans le cadre de programmes qui offrent une approche d' »apprentissage mutuel ». Le Ministère fédéral chargé de la famille, des personnes âgées, des femmes et de la jeunesse a relancé un programme de subventions en 2017 dans le but de promouvoir le travail intergénérationnel ou encore les maisons intergénérationnelles. Ce programme est mis en œuvre sous la forme d’un modèle de cofinancement avec des fonds communautaires, nationaux et locaux.

Enfin, aux Pays-Bas, l’ONG Stichting Timon et la fondation de logements Hibion ont développé en 2012 des logements urbains pour jeunes mères et personnes âgées. Sur les 17 logements construits par la fondation et loués à l’ONG, 13 appartements étaient destinés à de jeunes mères et adolescentes tandis que le reste était destiné à des ‘coaches’ sélectionnés parmi les personnes âgées pour aider les jeunes résidentes. Ce projet intergénérationnel visait à créer un « milieu de vie assistée » pour les jeunes femmes qui n’étaient plus en mesure de vivre avec leur famille ou qui avaient besoin d’aide pour vivre de façon autonome.

Les besoins complémentaires de deux groupes sociaux sont combinés dans ce nouveau modèle : les personnes âgées, dont beaucoup subissent la crise du logement, ont tendance à avoir du temps et de l’expérience qu’elles peuvent utiliser dans le but d’ajouter un sens à leur vie. D’autre part, les jeunes parents peuvent bénéficier de services de garde d’enfants et de mentorat dans leur cheminement en tant que parents.

Il n’est pas surprenant que de telles initiatives voient le jour grâce aux avantages sociaux potentiels du partage intergénérationnel du logement. Selon un rapport de la Fondation ARRP, une personne sur trois âgée de plus de quarante-cinq ans vit seule. Bien que cette statistique soit constante depuis 2010, le vieillissement de la population aura pour effet d’augmenter le nombre de personnes âgées isolées.

Une nouvelle étude de Stanford montre que les relations intergénérationnelles peuvent jouer un rôle important dans la société et que les personnes âgées offrent l’expérience et l’attention nécessaires au développement d’un jeune. Laura Carstensen, professeure de psychologie à Stanford, a déclaré : « Contrairement à la croyance répandue selon laquelle les populations âgées consomment des ressources qui, autrement, iraient aux jeunes, il y a de plus en plus de raisons de penser que les personnes âgées sont peut-être exactement la ressource dont les enfants ont besoin« .

Carstensen appelle à plus d’ »engagement intergénérationnel », mais cela ne peut se réaliser que lorsque la société changera sa vision des interactions et des relations entre les jeunes et les personnes âgées.

 

Les limites du modèle

Cependant, il y a des limites au logement intergénérationnel. Si ce concept est bien accueilli dans de nombreux pays dans le monde, d’autres, comme le Royaume-Uni, tardent à en faire autant. Katie Bradford, une étudiante britannique qui étudie à Londres, explique dans une interview que l’une de ses plus grandes motivations pour entrer dans l’enseignement supérieur était d’avoir la liberté de vivre seule. « Au Royaume-Uni, nous n’avons pas une culture où les jeunes choisissent de vivre avec des personnes âgées. Nous voulons découvrir notre vie d’adulte avec des gens de notre âge et apprendre par nous-mêmes. » dit-elle.

Sonia Yazidi étudie à l’University of London Institute. Elle est une passionnée du développement durable et d’écriture !

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