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Outils de reporting financier : Comment éviter au maximum le « Greenwashing » ?

Aujourd’hui, le secteur financier recourt de manière croissante à des outils économiques et financiers plus responsables, en faveur des problématiques sociales et environnementales. Mais comment s’assurer que les acteurs publics et privés ne se servent pas de ces nouveaux outils uniquement comme une stratégie marketing ? Comment s’assurer que la finance verte sert effectivement des projets responsables ?

Comment définir le « Greenwashing » ?

Jusqu’à présent, le « Greenwashing », ou écoblanchiment en français, avait été identifié comme un risque marketing : les entreprises communiquaient auprès de leur cible clients en utilisant un argumentaire écologique, leur conférant une image éco-responsable potentiellement éloignée de leur réalité business.

Pour la finance verte, ce risque est particulièrement présent lorsqu’on s’intéresse à des instruments financiers tels que les Green Bonds ou les Green Loans. A l’heure actuelle, il n’existe aucun standard précis caractérisant la dimension environnementale des projets financés pouvant définir ce qu’est une obligation verte ou un prêt vert. Le cadre d’utilisation de ces fonds restant assez mouvant, il est délicat de déterminer ce que ces outils peuvent ou ne peuvent pas financer sans recourir à des cadres d’éligibilité et à des outils de reporting, en particulier de reporting d’impacts.

Cadres d’éligibilité des fonds et reporting, outils pour combattre le « Greenwashing » 

Toutefois, on observe une réaction de certains acteurs du marché qui veulent se prémunir de ces risques. Ainsi, des instituts privés mettent en place des démarches volontaires, dont certaines commencent à faire autorité dans le secteur.

C’est le cas de l’International Capital Market Association (ICMA) qui a mis en place, dès 2014, les Green Bonds Principles (GBP). Ces principes permettent déjà d’apporter transparence et efficacité dans un certain nombre de secteurs et pour différents types de projets éligibles aux Green Bonds : énergies renouvelables, adaptation au changement climatique, gestion durable de l’eau, etc. La transparence est particulièrement clé : l’émetteur de l’obligation doit communiquer sur cinq volets obligatoires comprenant l’utilisation du produit, l’évaluation du projet en termes de durabilité en s’accordant sur des indicateurs de suivi de performance (KPI), le management des projets éligibles prévu… Enfin, un reporting pendant toutes les phases du projet, ainsi qu’un bilan final doivent permettre de confirmer son adéquation aux GBPs. Dans le but de tracer les émissions et leurs impacts réels, les projets ayant bénéficié de ces fonds doivent être répertoriés et leurs impacts décrits de manière qualitative et quantitative dans un document de référence.

Autre organisme, autres outils. Dans la lutte contre le Greenwashing, l’organisme Climate Bonds Initiative (CBI) propose son Climate Bonds Standard permettant aux investisseurs d’avoir des indications précises sur la nature de l’émission. Contrairement aux GBPs, la méthodologie Climate Bonds Standard identifie des critères à satisfaire et des objectifs à remplir pour qu’une émission obligataire puisse être considérée comme « verte ». Le label « Climate Bond Certified » est alors remis aux projets répondant aux critères prédéfinis, en accord avec les objectifs de la COP 21 en termes d’alignement avec un scénario 2°C.

De la même manière, deux organismes, la Loan Market Association (LMA) et l’Asian Pacific Loan Market (APLM), ont mis en place des outils pour structurer la tendance de fond verte observée sur le marché des crédits bancaires. La démarche est très similaire à celle des GBP puisqu’elle aussi se déroule en cinq phases. Le reporting doit également s’appuyer sur des critères concrets qui permettent de quantifier les effets réels de ces crédits.

Des acteurs spécialisés dans le reporting d’actifs immobiliers

Au sein du cadre général défini par les GBPs, des acteurs de la sphère immobilière proposent à leur tour des démarches spécifiques au secteur. Parmi eux, le GRESB, association regroupant des investisseurs de l’immobilier, s’engage à évaluer la performance environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) des actifs immobiliers, et plus particulièrement des Green Bonds. Mis à jour au début du mois de mai 2018, les Green Bonds Guidelines (3ème édition) du GRESB cherchent à accorder les acteurs du marché immobilier sur un standard d’évaluation des obligations vertes, proposant indicateurs et mesures pertinentes pour légitimer leur appellation « green ».

Dans une autre mesure, de plus en plus d’entreprises de l’immobilier s’engagent, par conviction ou par obligation[1], dans le reporting RSE. Les acteurs de l’immobilier peuvent alors s’appuyer sur le cadre général de reporting mis en place par la Global Reporting Initiative (GRI), et plus particulièrement sur son complément sectoriel relatif à l’immobilier et à la construction, le GRI CRESS. La méthodologie d’évaluation se fonde sur une approche par thématique RSE proposant des indicateurs d’intensité sur l’énergie, l’eau et les gaz à effet de serre, et un indicateur sur les certifications et labels obtenus.

Les approches méthodologiques présentées ci-dessus permettent une plus grande transparence sur le marché de la finance verte. Ainsi, investisseurs comme émetteurs peuvent s’appuyer sur des référentiels clairs et didactiques. En anticipant une reconnaissance et une application de ces méthodes et principes à l’ensemble du secteur financier, l’investissement « durable » serait ainsi assuré et le risque de Greenwashing balayé.

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[1] Suite à la transposition de la directive européenne sur la déclaration de performance extra-financière, venant compléter l’article 173 de la loi de Transition Energétique faisant lui-même suite à la loi Grenelle II, les entreprises françaises sont soumises à l’obligation de reporting RSE depuis le 1er septembre 2017.

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