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Nantes, le fer de lance de l’aménagement durable du territoire

Fervent défenseur des enjeux de Développement Durable et Climat, la Métropole de Nantes bénéficie d’un positionnement remarqué parmi les villes européennes. Membre du Comité exécutif d’Eurocities, le réseau des villes intelligentes au service de l’Europe, 2ème prix européen de la ville accessible et 1ère Métropole française récompensée du prix de Capitale Verte de l’Europe, la Métropole de Nantes a su se positionner comme figure de proue européen de l’aménagement durable.

Repenser la construction de la ville, c’est le défi pris avec l’aménagement de l’Île de Nantes, laboratoire urbain qui fait le pari d’une réelle concertation avec les citoyens. Comment les enjeux de durabilité qui ont fait la renommée de Nantes hier alimentent-ils les projets d’innovations urbaines de demain ? Chroniques Urbaines™ vous plonge au cœur du modèle nantais, en interrogeant Laurent Comeliau, responsable du pôle Développement Durable Climat à Nantes Métropole, qui a été un des acteurs au cœur du processus de Capitale Verte.

 

Retour sur l’élection de Nantes comme Capitale Verte Européenne en 2013

Annoncée dès 2010, l’obtention de cette reconnaissance européenne, largement relayée dans les médias, a permis d’embarquer l’ensemble des parties prenantes de la Métropole de Nantes pour faire vivre ce label à travers tout le territoire.

Parmi un large panel d’évènements marquants, la Métropole a misé sur la mobilisation citoyenne à travers l’incroyable « Expédition Végétale » de la Serre Volante de Nantes, réalisation féérique réussie où l’imaginaire se met au service de la ville durable. Objet de curiosité dans les rues de Nantes, imaginé par la compagnie La Machine, cette exposition d’un nouveau genre est « un puissant lien entre la culture et l’environnement dont l’atmosphère a touché les populations de cinq capitales européennes », nous a confié M. Laurent Comeliau. Selon lui, l’Expédition de Nantes en Europe a été un profond moyen de diffuser les meilleures pratiques des communes de la Métropole nantaise tout au long de son voyage.

Parallèlement à une forte visibilité auprès du grand public, le statut de Capital Verte a directement impacté les négociations politiques internationales entourant le développement des villes durables. Pour la première fois en Europe, Nantes a accueilli en septembre 2013 Ecocity, le Sommet mondial de la ville durable. A l’issu de l’évènement, maires et dirigeants territoriaux du monde entier ont signé une déclaration sur le changement climatique en vue de la COP21 de Paris en 2015. Réel fer de lance de l’aménagement urbain durable, Nantes Capitale Verte participe aux réflexions mondiales pour « penser la ville durable de demain ».

 

Cinq ans après, quels héritages majeurs ?

La construction d’un modèle social nantais fondé sur la consultation citoyenne   

A travers le projet de Capitale Verte, un certain nombre d’initiatives novatrices ont été diffusées à travers l’ensemble du territoire nantais, partageant une dynamique citoyenne commune. En effet, au lendemain de sa nomination, la Métropole de Nantes a souhaité embarquer l’ensemble des habitants en lançant un appel à projets (AAP) citoyens. Initiés par des acteurs associatifs ou des groupes citoyens, les initiatives les plus innovantes ont pu être subventionnées et ainsi transformer Nantes en un réel laboratoire d’idées pour le développement durable.

Dynamique lancée au moment du label Capitale Verte, un certain nombre d’actions associatives se sont pérennisées, ou ont été à l’origine de la germination d’autres nouvelles actions, constate M. Comeliau. Selon lui, « une dynamique d’imbrication très forte des projets permet de donner le pouls au développement d’un territoire innovant ». Ainsi, en 2017, la Ville de Nantes a choisi l’inventivité collective en lançant son programme « 15 lieux à Réinventer » : 80 projets avaient alors été déposés par des habitants, collectifs citoyens, associations et acteurs de l’économie sociale et solidaire, puis soumis directement au vote des Nantais et Nantaises. Prenant modèle sur la Métropole, un certain nombre de communes du territoire ont souhaité lancer à leur tour leurs propres AAP afin de capitaliser sur l’inspiration citoyenne. La dynamique vertueuse d’intelligence collective est aujourd’hui toujours en marche, génératrice de créativité et d’innovation.

Dans la même dynamique, la Métropole de Nantes a choisi la mise en place d’une démarche de concertation pour établir son PCAET. Pour cela, un Grand débat citoyen sur la Transition Energétique a été organisé avec le territoire entre 2016 et 2017. « Cette initiative citoyenne avait notamment pour axe de réinterroger les modes de vie et le pouvoir d’agir de chacun.  Près de 53 000 citoyens se sont mobilisés avec 11 000 contributeurs directs », souligne M. Comeliau. Résultat : La feuille de route partagée de la Transition Energétique adoptée en février 2018 témoigne d’une profonde culture du « faire ensemble à la nantaise ». Elle se décline en 33 engagements, regroupés autour de trois grandes intentions : « Une transition énergétique au bénéfice de tous, qui valorise 100 % des ressources renouvelables locales et 100 % citoyenne », souligne Julie Laernoes, vice-présidente en charge de la transition énergétique.

La promotion du Bien-être en ville

  • Développement des nouvelles mobilités

Bénéficiant d’un positionnement historique exemplaire en termes de mobilité, l’axe thématique des transports « doux » favorisant la qualité de vie de ses habitants a été un point fort de la candidature de Nantes au prix de Capitale Verte. Cette ambition se matérialise par des investissements maintenus dans les transports publics depuis des années, entre la réintroduction du tramway en centre-ville il y a plus de 30 ans et l’arrivée d’ici quelques mois de 22 busway électriques, bus bi-articulés à haut niveau de service évoluant sur des voies réservées. La part de la voiture dans les déplacements urbains a ainsi diminué de plus de 10 % entre 2002 et 2012[1]. Le modèle nantais a été suivi par de nombreuses autres villes, tournées à leur tour vers les solutions de mobilité douce. La Métropole de Nantes souhaite cependant conserver son statut de précurseur sur les sujets de mobilité notamment via son nouveau Plan de Déplacements Urbains (PDU) en cours d’adoption. La Métropole travaille sur la « ville apaisée » en encourageant les modes non motorisés et des solutions efficaces de covoiturage via l’aménagement de voies dédiées, nous confie M. Comeliau.

  • La Nature en ville

« Ville verte et bleue », Nantes maintient également ses engagements de Capitale Verte concernant l’introduction de la biodiversité en milieu urbain. Ainsi la ville de Nantes tient son cap de 37 m² d’espaces verts publics par habitant et 100 % de la population nantaise vivant à moins de 300 mètres d’un point de verdure[2] malgré sa croissance démographique très dynamique. La Métropole de Nantes se positionne comme fervent défenseur de l’intégration de la biodiversité au sein de ses projets urbains, notamment lors de la requalification des berges de Loire.  A ce titre, elle a été classée à la 2ème place du palmarès 2017 des villes les plus vertes de France[3].

La Métropole de Nantes également pionnière sur les enjeux d’énergie et de gestion des déchets

Forte de son statut de Métropole engagée et de ses savoir-faire, la Métropole de Nantes a approfondi des sujets déjà présents dans sa candidature par des projets ambitieux et innovants. Ainsi, les enjeux énergétiques, comme la production d’énergie renouvelable en autoconsommation, ont été approchés à travers des axes tangibles et concrets dans le cadre de la Feuille de Route sur le Transition Énergétique de 2018. En vue de la concrétisation de cette feuille de route énergétique, un budget conséquent a été alloué à l’enjeu majeur qu’est la rénovation énergétique, « une multiplication du budget par 14 » nous confie M. Comeliau.

Le tri des déchets également bénéficié d’un effet catalyseur du phénomène Capitale Verte. Alors que le modèle d’incinération des déchets nouvelle génération avait offert un bilan mitigé en 2013, de nouvelles initiatives structurantes se mettent en place. Territoire pilote du projet de l’ADEME, « Zéro déchet, zéro gaspillage », la Métropole voit de nombreuses initiatives citoyennes mises en place, à travers des recycleries, des associations de jardinage urbain ou des filières d’invendus alimentaires. Dans ce cycle vertueux, une feuille de route tournée vers l’Economie Circulaire est aussi mise en place aujourd’hui. Concernant le traitement des déchets et leurs réusages possibles, la Métropole réfléchit actuellement aux actions de massification à mener dans un processus de circularité, notamment en liaison avec la zone portuaire de Nantes Saint-Nazaire.

Quel a été le réel apport d’une année en tant que Capitale Verte de l’Europe ?

L’avis de Laurent Comeliau :

« Le titre de Capitale Verte Européenne a été une réelle porte d’entrée pour accélérer un développement qualitatif pour tous et respectueux des ressources, avec des opportunités économiques à la clé. L’impact en termes d’attractivité du territoire est une évidence. Ce coup de projecteur extrêmement porteur a permis la mise en place de nombreux nouveaux projets à travers les rencontres de décideurs internationaux mais également les concertations citoyennes.

La qualité de vie présente depuis des années à Nantes est sûrement une des raisons déterminantes du prix de Capitale Verte de l’Europe. Et inversement depuis, la Métropole consolide ce fort attrait auprès de nouveaux habitants et visiteurs, attirés par cette qualité de vie mise en avant par la récompense européenne. Un des grands défis d’aujourd’hui est aussi de penser cette attractivité avec les territoires alentours, non pas au seul profit de la Métropole. C’est également vrai pour l’usage et la préservation des ressources énergétiques et naturelles qui ne peuvent être traité qu’à une échelle plus large que celle des frontières des 24 communes de la Métropole.

La Métropole est aujourd’hui une destination prisée pour les entreprises et autres start-ups qui viennent s’y installer, notamment autour des enjeux du numérique. C’est également tout un nouveau marché autour du développement durable qu’a impulsé le titre de Capitale Verte et qui s’installe à présent dans la durée. »

Loin d’un simple titre honorifique, le prix Nantes, Capitale Verte de l’Europe a été un accélérateur de développement permettant à la fois de mettre en avant les démarches durables innovantes pensées par la Métropole, mais également un encouragement pour insuffler une dynamique de nouveaux projets tournés vers l’excellence environnementale du territoire. L’approche ici proposée dans notre article Chroniques Urbaines™ reste à corréler aux résultats prochainement publiés par la Métropole de Nantes dans leur bilan complet « Capitale Verte, 5 ans après ». Restez à l’affut, Chroniques Urbaines™ vous fera suivre l’information au moment venu !

Propos recueillis et mis en forme par Laetitia Morère pour les Chroniques Urbaines™. Pour vous abonnez à notre Newsletter cliquez ici.

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[1] Nantes Métropole, AUREN

[2] Nantes Métropole

[3] L’Observatoire des villes vertes

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