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Les dernières tendances de l’immobilier circulaire

L’économie circulaire s’impose de plus en plus dans le secteur du bâtiment. S’opposant au modèle classique d’économie linéaire (extraire, produire, consommer, jeter), ce concept repose sur 7 piliers principaux : l’écoconception (minimiser les impacts environnementaux dès l’élaboration d’un produit), l’écologie industrielle (organisation qui optimise l’usage des ressources), l’économie de fonctionnalité, le réemploi, la réparation, la réutilisation et enfin le recyclage. L’immobilier, de la conception à la déconstruction en passant par la construction et l’exploitation, adopte progressivement ces nouveaux schémas durables pour mettre l’économie circulaire au cœur de son modèle.

L’économie circulaire au centre des réflexions lors de la conception

Aujourd’hui, l’économie circulaire s’installe durablement dans le secteur du bâtiment, et notamment en phase de conception, grâce au concept du Cradle-to-Cradle, qui préconise de concevoir chaque objet ou produit de telle sorte qu’il soit recyclable ou biodégradable à l’infini. Cette démarche se décline notamment à travers la labellisation C2C Inspired Building qui demande l’utilisation de produits certifiés C2C (zéro pollution et 100% de recyclage) mais également la mise en place d’une feuille de route reprenant les grandes thématiques de durabilité (matériaux sains, réutilisation, carbone, gestion de l’eau, etc.).

Construire et déconstruire mieux avec moins

Aujourd’hui, la construction durable rebat les cartes de l’organisation des filières du secteur et les acteurs du BTP préparent l’avenir. Figures de proue de ce secteur en pleine évolution, les places de marché ou plateformes numériques de réemploi se multiplient afin de mettre en relation l’offre (équipements issus de la déconstruction et réutilisables en l’état) et la demande (besoin en matériaux pour la construction) pour diminuer l’impact environnemental des constructions. Des acteurs comme Backacia, Cycle Up ou Raedificare mettent en place des modèles économiques viables pour s’imposer dans un secteur encore émergent.

Dans les secteurs plus traditionnels des matériaux et des machines, l’innovation bat son plein, avec notamment l’émergence des matériaux biosourcés, mais les matériaux plus classiques ne sont pas en reste. Ainsi, le projet national et collaboratif RECYBETON mise sur la possibilité d’utiliser du béton recyclé dans la fabrication du béton. Le tout en respectant les exigences de tenue mécanique, de durabilité et de durée de vie.

La généralisation du BIM se met également au service de l’économie circulaire et permet d’intégrer la question de la gestion des déchets dès la conception des bâtiments. Ainsi, en 2018, Suez présentait au Mipim son outil de modélisation des chantiers de déconstruction, batiRim. Calqué sur le BIM, le « Ressource Information Modeling », autrement appelé RIM, établit un diagnostic facilitant le réemploi, le recyclage et la transformation des ressources.

Exploitation circulaire : (re)penser les usages et les flux

L’économie circulaire se concrétise donc souvent par des plans d’actions se focalisant sur ce que nous venons de voir : l’éco-conception des projets, la déconstruction sélective, le réemploi ou encore le recyclage des matériaux. Pour dépasser ces pratiques qui se concentrent sur les phases de construction et déconstruction d’un bâtiment, il faut chercher à explorer le champ des possibles en matière d’actions et d’innovations liées à l’économie circulaire dans un bâtiment en exploitation.

Le précepte « Construire pour durer » n’est plus adapté à nos modes de vie qui évoluent de plus en plus rapidement. A l’image de la démarche YouFirst de GECINA qui développent de nouveaux services qui s’adaptent de façon continue aux besoins de ses utilisateurs, il est nécessaire d’ « exploiter mieux pour durer » et de préserver la valeur du capital immobilier. Un tel basculement se construit en anticipant l’obsolescence des bâtiments et des espaces par une maintenance prédictive, en intégrant l’économie circulaire dans la politique de management des entreprises et en extrapolant l’évolution de nos modes de vie pour faciliter la circularité des usages. L’une des tendances majeures dans l’immobilier est le rapprochement des fonctions pour une plus grande mixité des usages qui répond au problème de manque de surface en ville. En pensant une mixité des usages, la durée du bâtiment est allongée car celui-ci devient adaptable aux mutations de notre société et permet ainsi de sortir du schéma construction-exploitation-déconstruction pour intégrer les enjeux d’adaptabilité et de réversibilité dans ce schéma plus circulaire.

L’économie circulaire en exploitation s’intègre également à travers l’évolution des systèmes techniques afin d’anticiper les problématiques liées au changement climatique, et notamment aux pénuries d’eau et aux sécheresses. C’est le constat de la Commission Européenne qui a estimé qu’au moins 11% de la population européenne connaît un problème de rareté de la ressource en eau toute l’année et que ce chiffre atteint 23% pendant les périodes estivales. Face à cette situation qui s’aggrave d’année en année, l’économie circulaire s’affirme de plus en plus comme le nouveau modèle économique durable et socialement acceptable qui permet une gestion optimisée de la ressource en eau. Cela devient possible à l’échelle d’un bâtiment en exploitation en optimisant la gestion des ressources en eau (suivi et réduction de la consommation d’eau potable, valorisation des eaux grises et des eaux de pluie) et en améliorant la qualité de l’eau et de l’air à proximité grâce notamment aux plantes qui dépolluent l’eau de pluie saturée en pollution atmosphérique par le mécanisme de phyto-épuration.

En exploitation, en conception ou en construction, l’économie circulaire est donc en train de devenir un des enjeux majeurs du marché de l’immobilier pour que les bâtiments soient en phase avec les aspirations des usagers tout en respectant l’environnement et les écosystèmes. Malgré cela, des difficultés technologiques (surcoût initial, innovations) et des difficultés sociétales (réglementation, manque de sensibilisation) sont encore à surmonter.

Article pensé et rédigé par Pierre Rostan pour Chroniques Urbaines™

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