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Le modèle coopératif comme tempo des transitions écologique et numérique

Faire de la transition numérique un accélérateur de la transition écologique. Voilà la promesse formulée dans le livre blanc intitulé « Numérique et Environnement » [1] à travers 26 propositions d’actions destinées aux pouvoirs publics.

Savante imbrication entre deux transitions qui n’agissent pourtant pas dans le même cadre spatio-temporel, les politiques territoriales semblent plus que jamais s’apparenter à un manuel de physique-chimie. On parle en effet volontiers de dissolution ou d’association, d’accélération ou de décélération, pour faire adhérer le potentiel de la transformation du numérique au sein de la transition écologique.

Au cœur de cette dynamique effrénée, la logique de coopération pensée par le sociologue Emile Durkheim comme « le partage d’une tache commune » reprend petit à petit sa place. Cependant, comment la révolution numérique peut-elle s’inscrire durablement dans la transition écologique et coopérative de nos territoires ? Voici trois exemples de métropoles proposant des actions innovantes pour faire émerger de nouvelles pratiques coopératives

Dijon, territoire connecté modèle du « système alimentaire durable de 2030 »

La FoodTech c’est la rencontre entre les nouvelles technologies et l’alimentation sur l’ensemble du territoire Bourgogne-Franche-Comté (BFC). Un écosystème complet d’entrepreneurs, experts, créateurs, investisseurs, producteurs se fédère depuis 2017 autour des enjeux de la foodtech pour proposer un modèle d’alimentation innovant. Parmi les nouveaux enjeux identifiés, il existe à la fois le besoin de garantir la qualité, la sécurité et la traçabilité des aliments et des boissons ; de réinventer des modes de distribution, services à domicile et l’ergonomie des produits ; tout en améliorant leur empreinte environnementale.

Au croisement de la filière numérique et des filières agricole, agroalimentaire et de la distribution, c’est tout une manière d’appréhender l’alimentation qui est portée par l’association sous l’image du modèle « de la fourche à la fourchette ». Pour favoriser encore davantage les opportunités de connexion à ce réseau collaboratif, un premier évènement dédié à la FoodTech s’est déroulé en septembre 2018 à Dijon, le salon Food Use Tech. A long terme, ce sont toutes nos pratiques de consommation qui se voient repensées par les startups adhérentes.

Rennes Métropole, exemple à la française de « sharing city »

L’économie de partage ou collaborative est une vague de fond qui transforme le quotidien, génère de nouveaux usages, invente des lieux et surtout impacte les services des collectivités. Depuis 2015, Rennes Métropole a mis en marche son programme Domino, une approche pragmatique et globale de l’économie collaborative pour le Pays de Redon.

Territoire riche en initiatives locales, la recherche-action déployée à l’échelle de 43 communes permet de faire converger les structures associatives, les acteurs publics et privés autour de pratiques collaboratives communes. Bien que le numérique soit un outil de « partage » avec une forte force de frappe, Gwendal Briand, cofondateur de Collporterre, un des porteurs de la démarche, affirme que « le numérique n’est pas l’essence de l’esprit collaboratif ». Celui-ci s’enracine davantage dans des nouveaux tiers-lieux comme le LabFab ou la Cantine numérique, des nouvelles pratiques comme avec le mouvement festif Disco Soupe, ou encore les nouveaux espaces partagés : logements, déplacements, jardins.

Urbanité numérique et mutation soutenable du territoire Plaine Commune

Labellisé « Territoire de la culture et de la création » en 2014 par l’Etat, l’établissement public territorial (EPT) Plaine Commune s’engage à poursuivre sa mutation à la fois sociétale, numérique et écologique en candidatant au titre de « Territoires à innovation à grande ambition » (TIGA). Le territoire s’inscrit dans un projet de développement du numérique et de ville intelligente à travers ses 9 communes membres.

Pour atteindre cet objectif, une convention a été signée avec l’Université Paris 8 qui a mis en place plusieurs ateliers de prospective numérique sur les questions de l’aménagement numérique, comme la création d’espaces coworking. C’est ainsi que Plaine Commune porte le projet « Pour une urbanité numérique du droit à la ville », dont l’objectif est de définir et expérimenter les innovations inclusives.

Mais attention, mettre le numérique au service de la transition écologique, ce n’est pas seulement promouvoir le système « smart » dans ses états. Les innovations numériques ne sont intrinsèquement ni bonnes ni mauvaises pour la transition écologique. « Décélérer la transition numérique afin d’accélérer la transition écologique [2] » comme proposé par l’économiste et chercheur Eloi Laurent, serait-elle la bonne dynamique à impulser ?

La mise en place des actions pour assurer une transition écologique partagée prend du temps, car elle nécessite de faire évoluer les comportements et les structures. Les innovations les plus vertueuses sont celles qui mettent en œuvre une transition de coopération vers un consensus écologique partagée par tous à travers de nouvelles pratiques durables communes.

Article pensé et rédigé par Fabrice Socha et Laetitia Morère pour Chroniques Urbaines™

 

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Crédit photo : Medium by Tincture

[1] Issu de la collaboration inédite de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), la Fondation Internet Nouvelle Génération (Fing), GreenIT.fr et le WWF France

[2] L’impasse collaborative. Pour une véritable économie de la coopération. 2018

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