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Le digital au service du suivi de la performance RSE des bâtiments

Un reporting RSE pertinent doit se fonder sur des indicateurs factuels et quantifiés. Les acteurs de l’immobilier souhaitant communiquer sur les performances de leur parc de bâtiments se doivent donc de mettre en place les moyens appropriés pour récupérer les données pertinentes pour le suivi de leurs performances RSE.

Le Smart Building, ou Bâtiment Intelligent, a pour vocation de répondre à ces enjeux d’obtention, d’analyse et d’optimisation de la donnée.  En effet, une rupture technologique s’opère actuellement avec l’avènement de l’IoT1 (‘Internet of Things’ ou ‘Internet des Objets’ en français) et le développement des technologies associées : approche BIM et maquette numérique, déploiement de sondes autonomies à basse énergie permettant la remontée des données du bâtiment, suivi énergétique, système d’alerte en cas de panne, etc.

Voyons ensemble quelques innovations concrètes qui permettent d’inscrire les bâtiments dans la politique RSE développée par l’entreprise, en venant alimenter celle-ci d’indicateurs précis.

 

La maîtrise de sa qualité de l’air intérieur – la solution SmartQAI de Nanosense

La pollution atmosphérique arrive en tête des préoccupations environnementales des Parisiens. La qualité de l’air, extérieur comme intérieur, est en effet un enjeu majeur en termes sanitaires. Dans une étude de 2016, l’Agence de Santé Publique estime que le nombre de morts en France dus aux particules fines s’élève à au moins 48 000 par an.

Dans un objectif de performance énergétique, la RT 2012 impose aux bâtiments d’être « étanches à l’air », ce qui nécessite alors la mise en place d’une ventilation mécanique ou naturelle contrôlée pour renouveler l’air intérieur. Il est en effet nécessaire de renouveler l’air intérieur d’un bâtiment car il se retrouve exposé à diverses sources de pollutions internes : CO2 relargué par les occupants, COV émis par les peintures, moquettes et produits d’aménagement intérieurs ou encore particules fines générées par le matériel informatique et notamment les imprimantes. Cela va influencer aussi bien la santé, que la productivité des personnes : une concentration de 1000 ppm de CO2 correspond à une réduction des fonctions cognitive de plus de 23%.

La solution SmartQAI développée par NanoSense fait partie des 5 projets lauréats du programme d’expérimentation sur la qualité de l’air porté par la Ville de Paris et l’Urban Lab et vise à améliorer la qualité de l’air intérieur des bâtiments tout en optimisant les consommations d’énergie nécessaires à leur ventilation. Nanosense est un fabricant de sondes QAI intégrant des commandes de ventilations sur dépassement de seuils multi-polluants : CO2, COV, particules fines, humidité, température.

Leur système vise à intégrer la qualité de l’air intérieur dans l’écosystème technique du bâtiment, en utilisant les moyens et protocoles de communication standardisés. La qualité de l’air intérieur se retrouve intégrée à la gestion technique du bâtiment et va même pouvoir s’appuyer sur les autres capteurs disponibles pour optimiser son fonctionnement. Par exemple, les capteurs de présences installés dans le bâtiment et utilisés pour allumer et éteindre automatiquement les lumières, peuvent désormais être utilisés pour influencer les taux de renouvellement de l’air intérieur en prenant en compte l’occupation des locaux. Air sain et économies d’énergie à la clé.

 

L’optimisation de la performance énergétique du bâtiment – l’exemple du Hive

Le Hive, siège social de Schneider Electric situé à Rueil-Malmaison, est le premier bâtiment au monde à obtenir, en juin 2011, la certification ISO 50 001 portant sur les systèmes de management de l’énergie. La norme ISO 50 001 fixe un cadre d’exigences pour les entreprises désireuses de mettre en œuvre un système de gestion de l’énergie et impose notamment de se fixer des objectifs de performance basés sur l’analyse des données du bâtiment pour comprendre au mieux les usages et la consommation d’énergie.

Afin de rendre le bâtiment le plus économe possible, le Hive est composé d’un réseau de 186 compteurs, de plus de 5 000 capteurs de mesure connectés à une GTB complète et d’une plateforme d’analyse des données du bâtiment. Les capteurs font ainsi remonter les données : énergie par usage, par activité et par secteur, taux d’occupation, température, météo, insatisfactions, etc. données qui sont ensuite analysées à travers le logiciel d’exploitation ‘Energy Operation’ de Schneider.

Enfin, l’Energy Manager du bâtiment a pour rôle de comprendre et d’analyser ces données afin d’optimiser la consommation énergétique tout en maximisant le confort des occupants. L’Energy Manager doit aussi sensibiliser, convaincre et impliquer les usagers dans la gestion de l’énergie, l’usage des technologies disponibles et l’adoption de comportements plus sobres.

 

Le Label R2S – Pour des bâtiments connectés et communicants

Le label R2S, Ready2Services, délivré par Certivéa et lancé en juin 2018 à travers 12 opérations pilotes, a été développé en partenariat avec la Smart Buildings Alliance for Smart Cities, l’Alliance HQE-GBC, mais aussi l’ensemble des acteurs du bâtiment (maîtres d’ouvrage, bureaux d’études, industriels, etc.).

Ce label concerne les bâtiments non résidentiels (bureaux, commerces, hôtels, équipements sportifs, etc.), neufs ou existants, en construction/rénovation ou en exploitation et vise à guider les acteurs du bâtiment dans la mise en place de démarches concrètes pour prendre en compte les enjeux du numérique et faire du bâtiment une plateforme de services pouvant apporter confort, performance environnementale et sécurité. Le label vise à développer une gouvernance responsable sur une base technique solide et sécurisée, pour un bâtiment prêt à l’implémentation de services à ses différents acteurs.

L’objectif est de rendre le bâtiment inclusif, à travers son aspect connecté et communicant, d’une part, avec l’intérieur, en associant ses occupants, et, d’autre part, avec l’extérieur, en s’intégrant dans un quartier ou une ville. Le bâtiment se positionne comme une brique essentielle de la ville numérique et durable de demain.

 

L’avènement des Smart Buildings devrait ainsi constituer une nouvelle approche immobilière, le bâtiment devenant un objet connecté au service de ses exploitants et de l’ensemble des acteurs avec lesquels il est susceptible d’entrer en rapport. Toutes les données obtenues sur les bâtiments permettront d’alimenter et viendront guider la politique RSE de l’entreprise en lien avec son parc immobilier.

Cependant, dans un monde devant s’orienter vers plus de sobriété, il revient de ne pas considérer la technologie comme le remède miracle à tous les maux et de se poser quelques questions simples sur les nouvelles solutions déployées au sein de son bâtiment : durée de vie des composants électroniques, ressources nécessaires pour produire les systèmes, évolutivité et adaptabilité des solutions dans un domaine où les évolutions technologiques sont très rapides, compatibilité des systèmes entre eux, etc. L’objectif étant de rendre la transition numérique compatible avec une transition écologique réussie.

Article pensé et rédigé par François Lafargue pour Chroniques Urbaines™

Si vous souhaitez des précisions sur ces sujets ou déployer ce type de méthodologies à l’échelle de vos activités, n’hésitez pas à nous contacter.

Crédit : LD Consulting

1 – l’Internet des Objets ou IdO est la matérialisation d’Internet dans le monde réel. Il concerne tous les objets, voitures, bâtiments et d’autres éléments reliés à un réseau d’Internet physique par une puce électronique, un capteur, une connectivité réseau leur permettant de communiquer entre eux, de collecter et d’échanger des données. Grâce à l’IoT, ces matériaux peuvent être contrôlés et suivis à distance à travers une infrastructure réseau existante. [Source : www.objetconnecte.com]

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