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Grenoble, les secrets d’une métropole respirable

« La pollution de l’air ne fait pas seulement tousser. Elle tue en masse ». Dans son dernier rapport, publié le 2 mai 2018, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) indique que 9 personnes sur 10 respirent un air pollué et que celui-ci est responsable de la mort de 7 millions de personnes en 2018 (4,3 millions en 2016).

Porte d’entrée des montagnes alpines, la métropole grenobloise présente un cadre naturel exceptionnel et un climat atypique. Facteur essentiel de la localisation de bien des industries, le développement des réseaux viaires de l’agglomération grenobloise a favorisé notamment l’expansion de son tissu économique. Cependant, tous ces facteurs locaux génèrent une pollution de fond significative sur l’ensemble de l’agglomération grenobloise.

La pollution atmosphérique représente aujourd’hui le premier sujet de préoccupation environnementale des français. Chroniques Urbaines™ s’est penché sur le cas de la Métropole de Grenoble, en retraçant les plans d’actions et les initiatives mis en place pour combiner performance environnementale et excellence sanitaire.

Une mobilisation forte autour des plans Climat et Santé

Consciente de l’impact sanitaire dû à la pollution, la Métropole s’est mobilisée pour améliorer la qualité de l’air. En 2005, elle fut la première en France à se doter d’un Plan Climat, qui fixe des objectifs précis et décide des actions à mener sur le territoire. Habituée à dépasser les normes françaises en matière de qualité de l’air, la métropole grenobloise est allée plus loin en mettant en place des Plans de Protection de l’Atmosphère (PPA) en 2005 puis en 2014. Ce plan propose une véritable stratégie territoriale visant l’atteinte des normes en vigueur : 22 actions organisées selon 4 leviers d’action majoritaires (industrie, chauffage au bois, transport routier, l’urbanisme et l’aménagement du territoire). Ces actions ont permis au territoire grenoblois de diminuer les quantités de PM10 entre 2004 et 2014 de 25%.

Pour rendre plus visible sa politique de santé, la Ville de Grenoble a coconstruit, avec l’ensemble des parties prenantes, un Plan Municipal de Santé (PMS) pour la période 2016-2020. Ce plan cible les problèmes sur lesquels la ville se mobilise pour protéger ou améliorer la santé des grenoblois. Un certain nombre de mesures concrètes découlent de ce plan bâti autour de 3 orientations : Environnement et cadre de vie, Accès aux soins, Prévention des publics fragiles.

Une offre de mobilités douces diversifiée

Si une diminution des niveaux de certains polluants est observée, les seuils de référence concernant les particules fines, le dioxyde d’azote et l’ozone sont dépassés de manière récurrente. Aligner le coût du diesel à celui de l’essence ne sera pas suffisant. Les véhicules générèrent de toute façon des particules fines par l’abrasion des pneumatiques et des freins (particule de fer en suspension par exemple).

Des actions efficaces pour améliorer la qualité de l’air à Grenoble nécessitent de réduire l’empreinte de la voiture en ville. Ainsi, l’offre de transport s’est largement élargie à Grenoble avec le développement du tramway, des lignes de bus Chrono, mais aussi des parkings-relais situés en entrée d’agglomération.  Pour réduire les nuisances du trafic, la Ville de Grenoble a généralisé les zones à 30 km/h permettant de laisser davantage de place aux nouveaux services de mobilités douces, notamment la flotte de vélos Métrovélo qui circule sur l’ensemble du réseau Chronovélo qui quadrille la Métropole.

Dans les territoires où les valeurs limites ne sont toujours pas respectées, comme à Grenoble, l’État a souhaité activer la Loi d’Orientation sur les Mobilités en déployant des Zones à Faibles Émissions (ZFE). Actuellement, seules Grenoble et Paris ont mis en place ces zones (alors qu’il y en a 230 en Europe). Est-ce que la mise en place de telle zone conduit à une réduction des polluants ? Cela fait débat au sein même du cas de Grenoble.

Des appels d’offres nationaux pour insuffler des solutions durables  

Pour soutenir son ambition, la Métropole s’est positionnée sur des appels à projets majeurs pour développer des solutions afin d’améliorer bien-être et la qualité de vie de ses concitoyens. Ainsi, en 2015, la Métropole a été retenue dans l’appel à projets « Ville respirable en 5 ans ». Ce label a pour but de soutenir financièrement une vingtaine d’actions permettant de repasser sous les seuils sanitaires, au terme des 5 ans au plus tard, pour les particules fines (PM10) et le dioxyde d’azote (NO2).

Par exemple, en matière de chauffage au bois, la Prime Air Bois est l’un des instruments majeurs de lutter contre la pollution liée au chauffage au bois non performant. Cette aide financière adressée aux particuliers est couplée à des actions de sensibilisation directement auprès des professionnels de la région, à travers la mise en place d’une « charte des bonnes pratiques ».

De plus, la Métropole est en lice pour le label « Territoire d’Innovation – Grande Ambition » GREnoble Alps Together (GREAT) dont le projet ambitionne de développer un grand nombre de solutions pour améliorer bien-être et la qualité de vie des citoyens. La solution pour lutter contre la pollution atmosphérique viendra telle du numérique ? Pas si sûr. Les applications telles que Waze, en informant leurs utilisateurs des aléas du trafic en temps réel, détournent les automobilistes des routes principales pour les rediriger vers des voies secondaires, ayant pour effet de simplement déporter la pollution générée. De toute évidence, la modification des plans de circulations modifie le trafic urbain des centres villes, mais soulève de lourdes interrogations sur les saturations déportées en périphérie des grandes métropoles comme celle de Grenoble.

En conclusion, pour réduire de manière drastique la pollution de l’air, les seules mesures environnementales ne suffiront pas. Elles doivent davantage s’inclure dans des réformes structurelles de fond qui prennent en compte les facteurs locaux comme les modes de vie et la culture sociale et économique du territoire. En tout état de cause, sans investissements majeurs dans l’aménagement des infrastructures du territoire puis l’accompagnement nécessaire des populations favorisant ces mobilités douces, le problème ne sera pas résolu. Grenoble est un exemple où la démarche semble être lancée, affaire à suivre !

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