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Durban et New York, deux villes à la pointe de la résilience face au changement climatique et aux risques naturels

Les zones urbaines sont directement touchées par le changement climatique dont elles sont en partie responsables puisqu’elles contribuent à hauteur de 70% aux émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale (C40, 2016). Afin de préserver leur patrimoine et devenir durable, plusieurs villes ont mis en place des actions d’atténuation et des stratégies pour devenir résilientes au risque climat.

Durban, une ville africaine pionnière de la résilience

Durban, ville côtière de l’Est de l’Afrique du Sud, ressent les effets du changement climatique depuis des décennies et notamment ses impacts sur la biodiversité, les réserves en eau ou encore la production agricole. Elle est confrontée à des événements météorologiques extrêmes liés à sa rapide urbanisation comme les inondations et les sécheresses. Bien que Durban soit la ville la plus pauvre d’Afrique du Sud, elle est depuis quelques temps saluée pour ses actions novatrices en termes d’excellence environnementale : elle a notamment été la première ville africaine, avec Dakar, à adhérer au réseau 100 Resilient Cities, un réseau créé par la Rockefeller Foundation qui aide les villes à devenir résilientes au risque climat. Elle compte devenir d’ici 2030 la ville la plus agréable à vivre d’Afrique en tenant compte de tous les enjeux de la durabilité dans son développement. Musa Mbhele, Head of Development Planning, Environment and Management de la ville, résume ainsi les ambitions de Durban : « Ce sera un espace où les gens auront accès à des transports verts abordables, dit-il, avec des panneaux solaires sur les toits, des jardins plus urbains, la protection des espaces verts, qui serviront de protection contre les inondations ».

Durban connait des périodes de précipitations exceptionnellement faibles, ce qui place la question de la sécheresse au premier plan des préoccupations de la ville. Pour gérer cette problématique, la ville s’est engagée dans plusieurs programmes de transformation, notamment le uMngeni Ecological Infrastructure Partnership qui modernise les infrastructures hydrauliques et protège les infrastructures naturelles telles que les zones humides. En effet, les zones humides participent au stockage et à la restitution progressive de grandes quantités d’eau, permettant d’alimenter les nappes d’eau lors des périodes de sécheresse. Les zones humides contribuent également à conserver une eau de qualité dans la ville car elles fonctionnent comme de véritables filtres : les sols et les plantes qui les composent retiennent une très grande partie des pollutions induites par l’homme.

Les autorités locales se sont en parallèle engagées à réduire les stress chroniques en favorisant le bien-être écosocial, par exemple concernant les inégalités sociales et la pollution de l’air : Ainsi, en périphérie d’une ville en bordure d’un site d’enfouissement, une forêt verdoyante est en pleine croissance dans le but d’améliorer la qualité de vie de la communauté voisine qui comprend certains des citoyens les plus pauvres de Durban. Ce projet permet aussi de favoriser l’économie locale en créant 43 emplois à plein temps et de nombreux temps partiels ainsi qu’en créant un système de reboisement local permettant aux projets immobiliers de la ville d’être construits avec des matériaux locaux.

La ville s’engage donc à réduire les stress chroniques (pollutions, inégalités sociales, etc.) mais également les chocs majeurs (inondations, sécheresses, etc.) en menant une politique globale sous le prisme de la résilience co-animée par l’ensemble des équipes de tous les services de la ville. Un plan d’action pertinent à l’échelle locale est en cours d’élaboration avec pour objectif d’être compréhensible par tous les citoyens et facile à mettre en œuvre pour que ceux-ci participent à l’élaboration de la résilience au risque climat de Durban.

New York, une gestion intelligente du risque inondation

Comme le demande le prisme de la résilience, New York a répondu à une problématique liée au changement climatique en diminuant le risque mais aussi en proposant de nouvelles infrastructures agréables et durables pour les New-Yorkais.

Suite aux nombreuses pertes humaines et dégâts physiques causés par l’ouragan Sandy en 2012, la ville de New York a consacré 20 milliards de dollars à la création d’infrastructures résilientes. En effet, la ville de New York compte plus de 520 milles de côtes et plus de 8 millions d’habitants, dont près de 400 000 vivent dans des zones vulnérables aux inondations côtières et à la montée des eaux de mer.

New York a élaboré une nouvelle approche pour devenir résiliente au risque inondation et souhaite créer des infrastructures de protection qui ne soient pas uniquement des murs et des barrières. L’objectif est de protéger, mais aussi de développer le territoire des berges, grâce à des infrastructures moins invasives et à l’innovation technologique. Le projet “BIG U”, dont l’achèvement est prévu en 2024, illustre bien cette stratégie : il consistera à créer une ceinture autour de Manhattan pour protéger la population des inondations, sauvegarder la biodiversité et proposer aux citoyens de nouveaux espaces de détente et de récréation. Il s’agit d’une ceinture urbaine de 16 kilomètres composée de parcs, de promenades publiques, de promenades cyclables ou encore de terrains de baseball. Tous ces espaces seront inondables, indépendamment les uns des autres, ceci voulant dire qu’un espace pourra être inondé sans aucune conséquence sur l’espace le jouxtant. A hauteur du Brooklyn Bridge, un système de panneau rabattable sera présent en cas d’alerte inondation et permettra d’arrêter la progression de l’eau. Le reste du temps, ces panneaux seront pliés et serviront à éclairer de manière ludique les espaces publics.

Le projet Big U : la ceinture créée autour de Manhattan sera composée d’espaces de détente et de récréation inondables en cas d’épisodes météorologiques extrêmes

Crédit : Business Insider

Par ailleurs, New York étant fragmentée en plusieurs quartiers séparés par des rivières, les autorités locales ont élaboré le “New York City Ferry”, un réseau de lignes de ferry servant de transport en commun. Ce projet a servi à développer de nouvelles mobilités, reconnecter les différentes zones de New York et proposer des infrastructures de transport alternatives à celles déjà existantes, dont la vulnérabilité a été prouvée par l’ouragan Sandy. L’eau n’est désormais plus une frontière, mais un lien entre les habitants. Ce nouveau réseau est composé d’un système de plateformes d’embarquement permettant de résister aux épisodes météorologiques extrêmes : en effet, les quais d’embarquement sont reliés par des passerelles à des plateformes flottantes, maintenues en place par des pylônes. Grâce à ces quais flottants, ce système de transport fonctionne continuellement, même en cas d’inondation, contrairement au métro qui avait été fermé plusieurs semaines à la suite de l’Ouragan Sandy.

New York s’inscrit donc dans une politique de ville résiliente, durable, viable et productive : une “water sensitive city”.

Article pensé et rédigé par Lucille Christien pour Chroniques Urbaines™

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