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Comment le Grand Lyon transforme son territoire en accélérateur de synergies numériques ?

Depuis sa création en 2015, le Grand Lyon s’affirme de plus en plus comme une métropole intelligente, innovante, durable et vivante. Afin de répondre aux enjeux sociétaux, urbains et environnementaux, le Grand Lyon ambitionne de développer un nouveau modèle de métropole en mettant en avant des méthodes d’innovation ouvertes et des démarches agiles, qui intègrent et anticipent les évolutions numériques.

Chroniques Urbaines™ a souhaité interroger Emilie Gerbaud, chef de projets ville intelligente au sein de la Métropole de Lyon, pour comprendre les bonnes pratiques d’une smart city au service de ses concitoyens et de ses entreprises.

Green Soluce : Lyon se tourne vers les technologies durables de demain. Quelles sont les actions de la Métropole pour que l’ensemble de l’écosystème du numérique s’inscrive durablement dans la transition écologique du territoire ?

Emilie Gerbaud : La ville intelligente ne s’oriente pas uniquement vers les technologies du numérique. La transformation digitale doit être l’opportunité de repenser les interactions entre les collectivités locales et l’ensemble des parties prenantes.

La mobilité a été l’un des premiers secteurs où le numérique a été déployé notamment pour répondre aux problématiques de gestion des flux et d’interopérabilité des services. Aujourd’hui, les technologies permettent d’aller plus loin en intégrant notamment l’IoT (Internet des Objets) ou l’intelligence artificielle (IA). Par exemple, les véhicules autonomes sont l’une des applications de l’IA, dont les premières navettes ont été mises en service dans le quartier de la Confluence. D’autres sites pilotes sont en cours d’étude, notamment pour desservir le Groupama Stadium depuis le terminus du tram.

La ville intelligente réaffirme également les échelles locales voire micro-locales. Ainsi, les technologies de la blockchain et des « micro-grids », en apportant de la sécurisation aux échanges virtuels, permettent de renforcer les échanges entre les citoyens. Ces nouvelles technologies de communication favorisent le développement d’une économie collaborative, le renforcement des circuits courts et de l’entraide.  

Enfin, pour allier la durabilité aux nouvelles technologies, nous avons organisé à Lyon le [R] Challenge, un dispositif d’accélération des projets d’innovation numérique pour répondre aux enjeux de la qualité de l’air et apporter de réelles solutions environnementales. Parmi elles, les nouveaux services aux usagers, qui permettront de réduire les émissions, de faire évoluer les comportements individuels et d’améliorer les aménagements urbains.

Green Soluce : Quelles sont également les actions menées pour redéfinir le tissu industriel de la Métropole et ainsi redéfinir le lien existant entre le territoire et ses habitants ?

Emilie Gerbaud : Le territoire lyonnais est historiquement une terre industrielle (automobile, chimie). Une transition vers les industries « vertes » (cleantech) s’opère depuis de nombreuses années sur notre territoire. La volonté politique portée à Lyon est de renforcer ce tissu industriel misant sur l’industrie du futur. La question de fond : comment maintenir des activités productives en milieu urbain, malgré les nuisances potentielles, sans compromettre la qualité de vie des métropolitains ? La Métropole de Lyon est prête à relever ce défi pour imaginer un modèle industriel durable en interaction avec ses concitoyens.

Cela se traduit par une démarche de sensibilisation pour convaincre tous les habitants de l’intérêt du renforcement de ce secteur. Par exemple, des actions de valorisation des filières industrielles ont été initiées auprès des collégiens.

Green Soluce : Comment promouvoir à l’échelle de la Métropole les technologies de l’intelligence artificielle au service d’un territoire plus durable ?

Emilie Gerbaud : L’intelligence artificielle (IA) est particulièrement présente sur le territoire lyonnais. Les acteurs de ce secteur se sont regroupés au sein de l’association « Lyon-iS-Ai ». Cette association rassemble un écosystème composé d’acteurs économiques et académiques pour favoriser l’émergence de nouvelles applications et de nouvelles technologies autour du secteur de l’IA.

Nous voyons et anticipons le développement des applications de l’IA dans plusieurs secteurs. Le premier, comme nous l’avons vu précédemment, concerne la mobilité et les véhicules autonomes (sans chauffeur). Le deuxième est celui de l’industrie et le développement de la robotique industrielle. Enfin, plusieurs applications apparaissent dans le domaine des services à la personne (maintien à domicile des personnes dépendantes, etc.) avec le développement des interfaces hommes-machines (dépassant ainsi le schéma numérique classique « clavier-écran »).

Green Soluce : Pour terminer l’entretien, quelle serait pour vous la ville intelligente idéale ?

Emilie Gerbaud :  Comme le mentionnait l’ancien député Luc Belot [1] dans son rapport au Premier Ministre en 2017, nous souhaitons développer une « ville des intelligence(s) », une ville qui intègre les transformations digitales des usages, des modèles économiques et des modes de gouvernance.

Développer une ville intelligente, c’est saisir toutes les opportunités qu’offrent le numérique pour les mettre au bénéfice d’un développement territorial plus humain et résilient, tout en prévenant les risques de cybersécurité comme de fracture sociale.

La ville d’intelligence doit permettre d’accompagner l’ensemble des citoyens, et particulièrement les populations les plus fragiles, en protégeant et en encadrant ces technologies pour bâtir une « smart city » utile et bénéfique pour tous.

La Métropole de Lyon s’est donc engagée à favoriser la construction d’un territoire aux multiples intelligences. Cette « Métropole Intelligente » doit stimuler toutes les parties prenantes pour rendre le territoire plus agile et plus humain en mettant les outils de la transition numérique au service de la transformation de société.  Mais la réussite de cette transformation nécessite que le traitement de la donnée puisse reposer sur des principes participatifs et de transparence afin de garantir la sécurité de tous.

D’une manière globale, la smart city repose sur l’optimisation des coûts et de l’organisation. Passer de la smart city à la ville intelligente, c’est prendre davantage en considération les enjeux relatifs au bien-être des habitants en les incluant dans le processus de construction d’un territoire plus inclusif et durable.

Propos recueillis et mis en forme par Fabrice Socha et Pierre Rostan pour Chroniques Urbaines™

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[1] Rapport « De la smart city au territoire d’intelligence(s) – l’avenir de la smart city »

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