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« La RSE est en quelque sorte l’art de conjuguer la complexité », entretien exclusif avec Valérie de Robillard, Directrice RSE de Nexity

Pour la deuxième interview exclusive de cette Saison 5 sur le thème « RSE & Immobilier », Chroniques Urbaines™ a interviewé Valérie de Robillard, Directrice RSE de Nexity. Engagement social, réduction de l’empreinte carbone et mise en place du comité de parties prenantes, cet entretien a été l’occasion d’aborder les sujets au cœur de la démarche RSE de Nexity. Revenons ensemble sur les temps forts de cet échange ! 

Green Soluce : Nexity est un acteur reconnu pour ses engagements en faveur du développement durable, comment avez-vous élaboré vos quatre grands axes stratégiques RSE ?

Valérie de Robillard, Nexity : Nous avons raisonné par une approche selon les principes ESG classiques, notamment pour deux piliers, Pratiques de bonne gouvernance et Stratégies de ressources humaines pour être employeur de préférence. Pour définir les deux autres piliers, Démarche d’innovation intégrant les enjeux RSE et Stratégie d’immobilier responsable, nous avons vraiment pu apporter notre propre touche.

En effet, nous avons eu à cœur d’avoir une stratégie de développement RSE qui soit très ancrée dans nos métiers et qui intègre l’innovation : nous nous sommes donc investis pour trouver des innovations ayant des implications métier et qui auraient des impacts sociaux ou environnementaux positifs.

Les quatre piliers de la démarche RSE de Nexity                                                                                                                                                    Source : site internet

Il y a trois nouveautés dans notre démarche :

  • Premièrement, nous nous sommes dotés d’objectifs chiffrés à horizon 2020 et 2030. Certains de ces objectifs nous demandent, ainsi qu’à nos équipes, de nous transformer en profondeur et de revoir la façon même de faire nos métiers.
  • Deuxièmement, notre démarche s’est appuyée sur un dialogue parties prenantes avancé au travers de la mise en place de notre comité de parties prenantes RSE. C’est un peu nos données d’entrée de réflexion en matière de RSE.
  • Enfin, la façon de rendre des comptes de manière factuelle a évolué. Par exemple, si je vous avais montré le schéma représentant nos piliers stratégiques RSE il y a 2 ans, il n’y aurait pas eu la ligne Conseil d’administration car c’est en mars dernier que le comité d’audit et rémunérations s’est doté de compétences RSE et à qui nous rendons des comptes sur nos objectifs.

 

GS : Pouvez-vous nous expliquer un peu plus en détails le fonctionnement de votre comité de parties prenantes ?

VdR : La mise en place de notre comité fut concomitante avec les réflexions qui avaient lieu sur le fait d’intégrer la consultation des parties prenantes dans la loi Pacte. Ce coup de projecteur sur la notion de parties prenante a porté une réflexion en interne. C’est également un sujet qui me tient à cœur, j’ai donc travaillé pour que notre Direction Générale accepte de déployer cette démarche.

La RSE est en quelque sorte l’art de conjuguer la complexité, c’est donc vraiment un sujet sur lequel les entreprises ne peuvent pas, ou ne peuvent plus, avoir raison toutes seules. Je pense que c’est ce qui a convaincu la Direction Générale de se lancer dans cette expérience.

Aujourd’hui, notre comité de parties prenantes est composé de 27 participants qui se réunissent deux fois par an. Nous avons voulu que ce comité soit paritaire à deux égards : en termes de composition hommes/femmes et aussi en termes de composition interne/externe. Nous avons fait en sorte que différents métiers et différentes hiérarchies de l’organisation soient représentés car notre souhait était que les recommandations qui émergent soit stratégiques mais qu’une déclinaison opérationnelle rapide soit également possible.

Nous savons que la rénovation énergétique est la clé de voûte pour un scénario climatique acceptable en France.

GS : Le climat est devenu un enjeu central pour l’économie et pour l’immobilier, étant donnés les sous-jacents physiques existants, est-ce que vous pouvez nous décrire comment Nexity aborde cet enjeu ?

VdR : Dans un premier temps, c’est la Direction Générale qui a voulu que Nexity se fixe un objectif sur le sujet Climat et cela mérite d’être souligné.

 

GS : Comment cela se fait-il ?

VdR: C’était après la COP 21 et je pense que le conseil d’administration commençait aussi à poser des questions sur ce sujet. Ceci étant, à part les foncières, ce que nous ne sommes pas, peu d’acteurs du secteur s’était fixés des objectifs.

La question soulevée par la Direction Générale était la suivante : Comment se fixer des objectifs ambitieux rapidement et à long terme ? Dans ce contexte, nous avons donc commencé par nous demander à quelles conditions nous pourrions répondre à l’enjeu global et national, afin, ensuite, de trouver les moyens de faire, plutôt que de se demander quels sont nos moyens actuels et quels objectifs nous aurions pu nous donner dans ce cadre. Si nous avions procédé ainsi sans doute les objectifs auraient-ils été moins ambitieux !

Nous nous sommes alors fixés, à horizon 2030, des objectifs de réduction de notre empreinte carbone déclinés selon 3 périmètres :

  • Périmètre immobilier résidentiel : une réduction de 30 % par logement livré (base 2015) ;
  • Périmètre immobilier de bureaux : une réduction de 21 % par m² de surfaces de plancher de bureaux livrées (base 2015) ;
  • Sites administratifs : une réduction de 35 % par collaborateur (base 2014)

A partir de ces objectifs chiffrés, nous avons passé une année à les décliner dans le détail, à savoir : Quels modes constructifs choisir ? Quel pourcentage définir dans quelle région ? Quel niveau de performance atteindre par rapport à E+C- ? Et cela quasiment filiale par filiale. Finalement, nous sommes arrivés sur des scenarios faisables, avec notamment une part du bois plus importante : A horizon 2030, cela supposerait que nous ayons fait basculer près de 30% de notre production totale béton vers de la production bois, sous différentes formes.

La ville abordable et désirable est une clé d’entrée forte de notre proposition de valeur.

GS : Avez-vous d’autres éléments à mettre en avant concernant votre trajectoire climat ?

VdR : A travers nos métiers de services immobiliers aux particuliers, nous jouons un rôle clé d’accompagnement des copropriétés dans la rénovation énergétique, même si cela n’est pas comptabilisé dans notre trajectoire climat car cela n’est pas réalisé chez nous.

GS : Dans quelle mesure la RSE – dans ses aspects environnementaux et sociaux – s’incarne dans votre offre ?

VdR : Historiquement, Nexity se démarque par son ADN social fort car le cœur de métier de Nexity c’est d’être capable de produire du logement social et abordable pour favoriser la primo accession pour des ménages à revenus modestes. En cela, nous sommes leader dans les quartiers prioritaires de la ville et le 1er partenaire des bailleurs sociaux en France.

La complexité réside alors dans le fait que tout en faisant du très abordable, nous devons continuer à faire des projets esthétiques et responsables environnementalement, bien que nous ayons des marges de manœuvre réduites. Mais c’est une équation que nous résolvons tous les jours : la ville abordable et désirable est une clé d’entrée forte de notre proposition de valeur.

Un autre pilier de notre offre durable s’exprime au travers de notre activité Aménagement Villes & Projets dont l’objectif est de requalifier des morceaux de ville, souvent du foncier non habitable comme des sites industriels, et de les reconcevoir pour refaire la « couture urbaine ». C’est le contraire de l’étalement urbain.

Enfin, un troisième pilier est notre engagement pour le développement des pensions de famille et des baux solidaires pour lutter contre les logements vacants. C’est un exemple concret de nos savoir-faire métiers et de notre engagement social intégré à nos offres et notre activité de promotion.

 

GS : Quel regard portez-vous sur vos résultats obtenus en 2018 et quelles sont vos ambitions à horizon 2020 ?

VdR : En 2018, nous affichons des indicateurs de parité dans les instances dirigeantes (31%) alignés avec notre objectif de 35% de femmes dans le Club 100 de Nexity en 2020. De plus, nous avons atteint notre ambition que 90% des logements qui passent en comité d’acquisition disposent d’un profil carbone. Enfin, nous avons augmenté la part d’opérations faisant l’objet de démarches d’économie circulaire de 1% à 6,5% en 2018 avec un objectif de 30% à l’échéance 2025.

Pour cette année 2019, le sujet central est de voir s’infléchir assez nettement l’empreinte carbone de nos activités bureaux et logements. Nous avons une tendance baissière mais il faudrait faire encore des efforts pour atteindre la trajectoire que nous nous sommes fixée. Nous souhaitons aussi continuer la rénovation des copropriétés, avec l’objectif de 30 copropriétés rénovées en 2020, et le développement des pensions de famille, avec un objectif de 1000 pensions de famille d’ici 3 ans.

GS : Pour finir, auriez-vous un mot pour définir la ville de demain ?

VdR : En lien. Il faut que la ville de demain permette davantage de lien social, qu’elle soit plus inclusive même si le mot est déjà galvaudé alors que l’enjeu est à peine relevé.

Propos reccueillis par Ella Etienne et Constance Flachaire pour Chroniques Urbaines™

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