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3 bonnes pratiques inspirantes pour devenir une métropole à énergie positive

Lancé par le ministère de l’Environnement en 2014, l’appel à projets « Territoire à énergie positive pour la croissance verte » (TEPCV) a reçu la candidature de 528 collectivités souhaitant s’engager durablement en faveur de la transition énergétique. Au nombre de 212, les territoires lauréats partagent l’objectif de réduire au maximum leurs besoins d’énergie afin de produire plus d’énergie qu’ils n’en consomment grâce aux énergies renouvelables. L’appel à projets a ainsi fait transparaître une déclinaison locale des objectifs fixés par la loi TECV sur la transition énergétique qui prévoit à l’horizon 2030 :

  • La réduction de 40 %de nos émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990 ;
  • La diminution de 20 % de notre consommation d’énergie par rapport à 2012 ;
  • L’objectif de porter la production d’énergie renouvelable à 32 % de notre consommation énergétique finale.

Quelles sont ces approches locales des territoires pour réussir leur transition énergétique ? Zoom sur les pratiques originales de trois métropoles inspirantes : Bordeaux, Saint-Etienne et Lille.

Élaborer un cadastre solaire pour valoriser son potentiel solaire : le choix de Bordeaux

Bordeaux Métropole se positionne comme un acteur de référence de la transition énergétique, dans la continuité de l’obtention du label « Cit’ergie » obtenu par la Métropole en 2014 et de la démarche « Territoire à énergie positive » rejointe en 2013.

En effet, le « Plan d’action pour un territoire durable à Haute qualité de vie » de Bordeaux Métropole ambitionne sur la période 2017-2022 d’« accélérer la transition énergétique du territoire pour devenir une des premières métropoles à énergie positive à l’horizon 2050 ».

Pour ce faire, Bordeaux Métropole a décidé d’accentuer la part du photovoltaïque car elle dispose d’un potentiel en énergie solaire encore trop peu exploité : il représente seulement 4% de la production totale d’énergie renouvelable. Pour atteindre les objectifs d’un territoire à énergie positive en 2050, le recours aux énergies solaires prévoit d’être massifié : multiplier par 14 la production d’énergie solaire photovoltaïque et par 55 la production d’énergie solaire thermique.

Une mesure opérationnelle originale a été d’élaborer un cadastre solaire pour inciter la population bordelaise à l’installation de panneaux photovoltaïques sur les bâtiments existants, notamment les logements individuels. En effet, le cadastre solaire indique le potentiel solaire de chaque bâtiment (en kWh/m2/an), calculé à partir du rayonnement solaire annuel moyen en prenant en compte les effets d’ombres portés (immeubles, arbres, souches de cheminées…).

Les propriétaires peuvent ainsi identifier, grâce à un simple code couleur, si leur toiture est propice à l’installation de panneaux solaires. Une connaissance plus fine des potentiels de chaque bâtiment permet également de valoriser le foncier et le patrimoine public de Bordeaux Métropole.

Parallèlement, d’autres métropoles se sont engagées dans cette voie et se sont également dotées d’un cadastre solaire, comme Nantes et Brest, et plus récemment Saint-Etienne et Strasbourg.

Former ses professionnels du bâtiment : un levier déterminant pour la Métropole de Saint-Etienne

Saint-Etienne Métropole et le Parc Naturel Régional du Pilat, tous deux engagés dans des plans climat énergie territoriaux, se sont associés pour répondre à l’appel à projet national et ont eux aussi été sélectionnés comme lauréats. En s’appuyant sur leurs atouts respectifs et en misant sur leurs complémentarités urbain-rural, ils souhaitent au travers de ce programme renforcer leur action en matière d’économie d’énergie et de production d’énergie renouvelable.

Décomposée en grands enjeux, la stratégie de la Métropole de Saint Etienne mise sur les bâtiments économes en énergie en faisant des bâtiments publics et des bâtiments tertiaires deux enjeux centraux, déclinés en objectifs et actions. Ces deux piliers sont soutenus par une troisième thématique, transversale, concernant la montée en compétences des professionnels du bâtiment.

La Métropole de Saint-Etienne souhaite accompagner les porteurs de projet en développant un réseau de professionnels compétents, supposant un dispositif de gouvernance et de formation renforcé. La démarche, contextualisée selon les territoires, a pour objectif d’inciter les professionnels du bâtiment à prendre en compte les thématiques les plus sensibles (éco-rénovation, étanchéité à l’air, énergies renouvelables, cout global, BEPOS) et développer une responsabilité collective sur toute la chaine : de la conception à l’entretien et la maintenance des équipements.

Permettre le changement d’échelle des « smart grids » : la Métropole de Lille comme territoire d’industrialisation

Dans la continuité du premier axe stratégique du Plan Climat-Énergies Territorial 2015 de la métropole lilloise, « Engager la transition énergétique », la Métropole Européenne de Lille (MEL) s’est engagée dans le développement de réseaux électriques intelligents « smart grids » dans l’appel à projets « Systèmes électriques intelligents » lancé par l’ADEME, avec le projet So Mel, So Connected. La Métropole Lilloise devient un laboratoire urbain d’expérimentation, riche de ses territoires différenciés qui rassemblent zones résidentielles, technologiques, tertiaires, commerciales et industrielles. Embarquant 200 000 habitants, 17 communes et 14 000 entreprises, il s’agit actuellement du plus vaste territoire urbain en France qui soit dédié à un tel projet.

Le projet So Mel, So Connected a débuté le 2 janvier 2017 et durera quatre ans. L’objectif du projet est de déployer à grande échelle des solutions techniques, actuellement développées par Enedis dans les démonstrateurs « smart grids » partout en France, afin d’en démontrer la viabilité économique.

Les expérimentations de réseaux électriques intelligents ont été lancées en mars 2018 et devraient permettre des innovations en faveur d’économies d’énergie, de l’autoconsommation et de la mobilité électrique et rapprocher la Métropole de son objectif de devenir un territoire à énergie positive.

Ainsi, des initiatives et des axes très diversifiés existent au sein des collectivités françaises, mais toutes partagent le même objectif : devenir un « Territoire à énergie positive » d’ici 2050. Cette ambition partagée, fondamentalement tournée vers l’innovation verte et le numérique, doit se faire de concert avec une réduction cruciale de la consommation d’énergie. Un enjeu particulier dans le secteur du bâtiment, où les rénovations sont ponctuelles et couteuses et qui rappellent la nécessité d’établir des objectifs suffisamment ambitieux pour éviter le risque de « lock-in », soit l’atteinte d’objectifs environnementaux trop faibles suite à une rénovation, pouvant mettre en difficultés l’atteinte des objectifs par la collectivité.

Article pensé et rédigé par Constance Flachaire pour Chroniques Urbaines™

 

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Crédit photo : « Qu’est ce qu’un TEPCV » par le Ministère de la Transition écologique et solidaire, septembre 2015

 

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